La loi vietnamienne sur la cybersécurité inquiète Google et Facebook

17 membres du Congrès américain jugent que les nouvelles dispositions de la loi vietnamienne sur la cybersécurité représentent un danger pour les libertés publiques. Ils affirment que ce texte renforce la mainmise du parti communiste sur l’appareil d’État, ce qui lui permettrait de tuer dans l’œuf toute forme de dissidence.

Les élus américains exhortent Google et Facebook à faire front.

Limites Google Earth

Cette nouvelle loi a été votée par le Parlement vietnamien le mois dernier et entrera en vigueur le 1er janvier 2019. Le texte exige que Facebook, Google et les grandes entreprises étrangères du numérique stockent les données personnelles des utilisateurs au Vietnam.

Les élus américains estiment que des censures gouvernementales via Google ou Facebook seraient une problématique à traiter au niveau diplomatique.

Une menace pour la confidentialité des données des utilisateurs

Les géants IT se sont battus contre les dispositions qui les obligeraient à stocker les données de leurs utilisateurs au Vietnam.

Les firmes ne veulent pas aller plus loin en ce qui concerne les mesures visant les opposants politiques.

Les dirigeants de ces groupes sont conscients que les données stockées dans les datacenters vietnamiens seraient exposées à d’éventuelles mesures arbitraires. Les données des clients risqueraient ainsi d’être saisies par les autorités et les employés locaux seraient exposés à la menace d’une arrestation.

Facebook et Google au front avec l’Asia Internet Coalition

Facebook et Google font partie de l’Asia Internet Coalition. Les entreprises du numérique joignent leurs forces pour faire pression sur les autorités vietnamiennes. Le directeur général de la coalition, Jeff Paine, a prévenu que ce texte allait créer un climat d’incertitude et pourrait compromettre la réputation du Vietnam comme destination d’investissement.

Le Vietnam n’est pas le premier pays à vouloir contrôler les activités sur internet de ses ressortissants. La Russie l’a déjà fait. Les multinationales américaines avaient alors tenté de faire pression sur Kremlin mais en vain. Pour le cas du Vietnam, c’est plus au parti communiste qu’à l’État que les firmes ont à faire. Dans un tel cas de figure, il n’est pas étonnant que le ministère des Affaires étrangères adresse une fin de non-recevoir.

On remarquera en même temps que le Département d’État américain ne fait aucun commentaire sur la question. Rien ne filtre non plus de la Maison-Blanche. Il faut dire que le gouvernement américain se soucie davantage du rôle stratégique que joue le Vietnam dans les relations économiques entre les Etats-Unis et l’Asie du Sud-Est.