La majorité des Taxis Uber indisponibles demain en Belgique

Ce vendredi 26 novembre 2021 sera une journée noire pour les chauffeurs Uber et leurs clients en Belgique. En effet, l’entreprise de technologie américaine a vu, le mercredi dernier, son service de covoiturage être banni de la majeure partie du pays. Il s’agit d’une décision de la Cour d’appel de Bruxelles qui étend une ordonnance de 2015 prise en son temps afin de protéger les chauffeurs professionnels. Celle-ci interdit tout simplement UberPop, le service peer-2-peer de l’entreprise américaine. De son côté, Uber étudie les tenants et aboutissants de la décision afin de déterminer s’il doit faire appel auprès de la Cour suprême belge.

Crédit – Uber

Une décision prise sur des bases faussées

Face à la fermeture imminente de son service, le directeur national d’Uber en Belgique, Laurent Slits est monté au créneau. Ce dernier s’en est pris directement au gouvernement qu’il tient pour principal responsable de la situation.

Pour lui, l’exécutif devait mettre en place des réformes salutaires pour le secteur. Ce que celui-ci a manqué de faire. Dans sa déclaration, il dit que cette nouvelle décision a été prise sur la base de réglementations qui sont largement dépassées.

Celles-ci, selon lui, ont été rédigées à une époque où les smartphones n’existaient même pas encore. Ce à quoi le gouvernement belge avait promis de remédier sans succès au cours des sept dernières années.

Il faut souligner qu’en septembre dernier, le service Uber avait été temporairement suspendu à Bruxelles par l’entreprise elle-même. Le but de cette manœuvre était de protester contre l’absence de réforme en ce qui concerne les règles interdisant aux conducteurs d’utiliser des smartphones.

À la suite de la décision rendue par la Cour d’appel, des conducteurs de véhicules de location privés ont manifesté leur mécontentement. Pour cela, ils ont bloqué un important tunnel de la ville de Bruxelles.

Une décision qui ne s’applique pas à tous les conducteurs belges

Selon les informations recueillies par Bloomberg, la décision ne concerne pas tout le monde. Il existe une petite partie des conducteurs qui ne seront pas obligés de rester à la maison demain. Il s’agit de ceux qui disposent d’un permis de conduire provenant d’une Région flamande du pays. Ils pourront continuer à utiliser l’application sans tomber sous le coup de la loi.

Cette information a été très vite confirmée par Uber qui a ajouté que la décision s’applique uniquement aux chauffeurs ayant un permis bruxellois. Toutefois, pour l’entreprise de technologie l’essentiel est ailleurs.

Toujours par la voix de monsieur Slits, Uber a dit qu’il était « profondément préoccupé » par les 2 000 détenteurs de permis LVC (voiture de location avec permis de conduire). Selon l’entreprise, ceux-ci vont malheureusement permettre leur capacité à générer des revenus dès ce vendredi. Une situation qui est plus que préoccupante.

Monsieur Slits a également ajouté que le gouvernement de son pays devrait agir rapidement et dans les plus brefs délais. Pour lui, il est impératif de réformer une bonne fois pour toutes, le secteur des taxis et des LVC. Ce qui devrait permettre aux chauffeurs de continuer à travailler afin de subvenir aux besoins de leurs familles.

Une réforme qui fait le bonheur des entreprises de taxi locales

Comme on pouvait s’y attendre, tout le monde ne voit pas d’un mauvais œil cette décision de justice. C’est le cas des entreprises de taxi locales de Bruxelles qui ont essuyé des pertes ces dernières années principalement à cause des chauffeurs Uber.

Selon elles, la solution aux préoccupations de monsieur Slits est toute trouvée. Elles sont prêtes désormais à embaucher les chauffeurs pour combler la pénurie de taxis qui s’annonce dès demain. Un porte-parole du secteur s’est même lancé dans une manœuvre de séduction très osée.

Celui-ci pense qu’à terme les entreprises locales pourraient proposer des contrats permanents aux chauffeurs Uber. Ce qui devrait les sortir de l’illégalité et leur éviter un « massacre social ».

Source : TechCrunch