La NASA a ouvert une enquête portant sur ce qui pourrait être le tout premier délit spatial

Anne McClain a été formée à l’académie militaire de West Point. Elle a rejoint l’armée en tant que pilote. À son compte, elle a plus de 800 heures de vol au-dessus de l’Irak. Elle a intégré la NASA en 2013. Elle devait participer à une mission extravéhiculaire entièrement féminine.

Toutefois, à cause d’un problème de taille de combinaison spatiale, elle a été obligée d’y renoncer à la dernière minute.

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Récemment, elle a passé plusieurs semaines à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS) et elle a été accusée d’usurpation d’identité et d’accès irrégulier aux dossiers financiers de son ex-épouse depuis l’espace.

Les plaintes ont été déposées par Summer Worden, officier de renseignement de l’armée de l’air. Les deux femmes se sont mariées en 2014 et Worden a demandé le divorce en 2018.

Cette affaire constitue certainement une première dans l’histoire criminologique de l’espace. En effet, c’est la première fois qu’une personne en microgravité est poursuivie en justice par une autre qui est sur Terre.

McClain a nié les allégations

L’une des plaintes a été déposée auprès de la Commission fédérale du commerce (FTC). L’autre a été déposée auprès du bureau d’inspection générale de la NASA.

McClain a catégoriquement nié les allégations allant à son encontre. « Il n’y a pas de vérité sans équivoque dans ces affirmations. Nous avons vécu une séparation douloureuse et personnelle qui est malheureusement maintenant dans les médias. J’apprécie l’appui qui m’est manifesté et je réserverai mes commentaires jusqu’à la fin de l’enquête. J’ai une confiance totale dans le processus de l’IG », a-t-elle publié via Twitter.

D’après l’avocat de l’astronaute, sa cliente n’a « rien fait de mal ». Elle n’aurait eu aucun arrière pensé. Elle n’aurait fait que surveiller le compte joint, ce qu’elle faisait régulièrement.

Un conflit de juridiction complexe

C’est le premier conflit interne à être « étendu à l’espace extra-atmosphérique ». Toutefois, « ce n’est pas parce que c’est l’espace qu’il n’y a pas de lois », a déclaré Mark Sundahl, directeur du centre international pour le droit de l’espace dans le New York Times.

Certes, les cinq agences spatiales de l’ISS ont mis en place un cadre réglementaire relatif aux problèmes ou erreurs commises à bord de la station. Cependant, le présent cas est particulier, car le conflit de juridiction est plus complexe. L’une des personnes concernées était sur Terre et l’autre était dans l’espace, au moment du dépôt de la plainte.

Néanmoins, l’ISS est le fruit d’une coopération entre les États-Unis, le Canada, le Japon, la Russie et l’UE. Par conséquent, l’astronaute sera jugée selon les lois établies par son pays de citoyenneté.

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