La NASA aurait-elle détecté une trace de vie extraterrestre sur Vénus en 1978 sans s’en rendre compte ?

Vénus se trouve au centre de toutes les attentions depuis la découverte de traces de phosphine dans son atmosphère. Soit un gaz potentiellement lié à l’existence d’une forme de vie extraterrestre microbienne. Mais la NASA a peut-être détecté ce gaz en 1978… sans s’en rendre compte.

Pendant très longtemps, les plus éminents scientifiques du monde ont pensé que seule la Terre était en mesure de soutenir la vie, mais cette théorie a été mise à mal par les découvertes réalisées durant ces deux ou trois dernières décennies.

Une photo de Vénus, une planète très mystérieuse

Crédits Pixabay – image recadrée

Si nous n’avons toujours pas découvert la preuve de l’existence d’une forme de vie extraterrestre, nous savons désormais que plusieurs endroits dans le système solaire sont susceptibles de réunir les conditions nécessaires à l’apparition d’une vie microbienne.

Vénus, une planète plus complexe que nous le pensions

Des endroits comme Mars, Europe, Encelade ou même Titan… mais aussi l’improbable Vénus.

Le 14 septembre dernier, des scientifiques ont en effet annoncé avoir découvert dans l’atmosphère vénusienne des traces de phosphine, un gaz habituellement créé par procédé industriel, mais qui peut également être lié à certaines formes de vie microbiennes. Bien sûr, à ce stade, nous ne savons pas si Vénus abrite réellement une forme de vie, mais les travaux entrepris par les scientifiques à l’origine de la découverte ouvrent tout de même le champ des possibles.

À un point tel qu’un milliardaire envisage même de lancer une mission à destination de la planète.

Des traces étranges dans un relevé de 1978

La découverte a donc marqué les esprits, et Rakesh Mogul, un biochimiste de Cal Poly Pomona, a eu l’idée de fouiller dans les données récoltées par la NASA en décembre 1978 avec la sonde Pioneer 13 afin de creuser un peu le sujet.

Comme il l’explique à Live Science, “Lorsque [l’étude] est sortie, j’ai tout de suite pensé aux spectres de masse hérités. Donc pour nous, c’était la prochaine étape logique pour donner un autre regard aux données. En tant que tels, après avoir consulté mes coauteurs, nous avons identifié les articles scientifiques originaux et avons rapidement commencé à rechercher des composés phosphorés”.

Et justement, si l’on en croit l’article publié le 22 septembre sur arXiv, la pêche semble avoir été fructueuse. Le papier fait effectivement état de la présence d’un composé ressemblant à de la phosphine, un composé qui aurait été à l’époque détectée par le Large Probe Neutral Mass Spectrometer installé sur la sonde.

Des atomes de phosphore repérés par Pioneer 13 ?

En effet, lorsque Pioneer 13 a atteint Vénus, la sonde a lâché un appareil dans l’atmosphère de la planète. Ce dernier a récolté des échantillons avant de les étudier par spectrométrie de masse. À l’époque, les résultats n’avaient rien donné, mais les chercheurs responsables de la mission ne s’intéressaient pas aux composés à base de phosphore.

Or justement, si l’on en croit les fouilles entreprises par Rakesh Mogul et ses collègues, les relevés de la sonde révèlent la présence d’atomes de phosphore, des atomes qui pourraient potentiellement provenir d’un gaz… comme la phosphine.

Il y a plus cependant. Toujours dans le cadre de leur travail, les biochimistes ont aussi repéré des traces pouvant être associées au chlore, à l’oxygène ou même ou peroxyde d’hydrogène, soit à des composés potentiellement favorables à la vie.

La prudence est bien entendu de mise, mais ces découvertes prouvent finalement que Vénus n’est pas forcément la planète hostile et toxique que nous pensons. Maintenant, pour en apprendre plus à son sujet, nous n’aurons pas vraiment le choix et il faudra envoyer de nouvelles sondes sur place pour effectuer des relevés supplémentaires.