La NASA et l’ESA vont s’associer pour trouver un moyen de nous protéger des astéroïdes

Des ingénieurs spatiaux et des chercheurs d’astéroïdes d’Europe, des États-Unis et du monde entier vont se réunir à Rome du 11 au 13 septembre prochain pour débattre des dernières avancées faites dans la réalisation de leur objectif commun : protéger la terre contre les astéroïdes.

Cette coalition mondiale inédite a en effet décidé de lancer une mission ambitieuse impliquant deux vaisseaux spatiaux qui tenteront de détourner un astéroïde dans l’espace et prouver que cette technique est viable comme méthode de défense de notre planète.

Astéroïde Terre

Crédits Pixabay

Une mission conjointe pour dévier les astéroïdes dangereux

Cette mission inédite, qui verra la collaboration de la NASA et de l’ESA, est connue sous le nom d’Asteroid Impact Deflection Assessment, ou AIDA. Son but sera dans un premier temps de dévier l’orbite du plus petit des deux astéroïdes Didymos, situés entre la Terre et Mars, grâce à l’impact d’un vaisseau spatial. Le deuxième vaisseau de la mission AIDA étudiera ensuite le lieu de l’impact et recueillera le maximum de données possible sur les effets de cette collision.

Pour discuter de l’avancée des travaux, les scientifiques se réuniront à l’occasion de l’atelier « International AIDA Workshop » qui durera trois jours, du 11 au 13 septembre, et se tiendra dans la cour octogonale (Aula ottagona), au centre de Rome.

Les participants partageront l’état d’avancement des deux astronefs qui composent l’AIDA – y compris les petits engins spatiaux qu’ils transporteront à bord – ainsi que les derniers résultats des campagnes astronomiques mondiales entreprises pour en savoir plus sur les lointains astéroïdes de Didymos.

Des rôles bien répartis entre la NASA et l’ESA

La contribution de la NASA à la mission AIDA est matérialisée par le vaisseau spatial Double Asteroid Impact Test, ou DART, qui est déjà en construction et qui devrait être lancé à l’été 2021. Il est sensé entrer en collision avec sa cible à 6,6 km/s en septembre 2022.

Aux côtés de DART volera un CubeSat (nano-satellite) de fabrication italienne appelée LICIACube (Light Italian CubeSat for Imaging of Asteroids) afin d’enregistrer le moment de l’impact.

L’ESA pour sa part s’occupe d’une mission appelée Hera, qui effectuera une étude rapprochée de l’astéroïde post-impact, en prélevant des mesures telles que la masse de l’astéroïde et la forme détaillée du cratère laissé après l’impact. Hera déploiera également une paire de CubeSats pour des analyses rapprochées de l’astéroïde, ainsi que la toute première sonde radar d’un astéroïde. Les chercheurs comptent utiliser les résultats obtenus par Hera pour mieux modéliser l’efficacité de la collision et faire de cette expérience à grande échelle une technique pouvant être répétée si nécessaire en cas de menace réelle.

“Notre mission testera diverses nouvelles technologies importantes, notamment les CubeSats dans l’espace lointain, les liaisons inter-satellites et les techniques de navigation autonomes basées sur l’imagerie, tout en nous apportant une précieuse expérience des opérations à faible gravité”, explique Ian Carnelli, responsable de la mission Hera pour l’ESA.

Pour lui, “il est essentiel que l’Europe joue un rôle de premier plan dans l’AIDA, une mission innovante initialement développée à partir des recherches de l’ESA en 2003. Un effort international est la voie à suivre : la défense planétaire est dans l’intérêt de tous.”

Mots-clés astéroïdes