La NASA tente de reproduire les origines de la vie

Des exobiologistes de la NASA ont construit un simulateur de sources hydrothermales en laboratoire, dans le but de créer des molécules prébiotiques.  Basés sur la théorie de Michael J. Russell concernant l’apparition de la vie, ils ont reproduit des évents avec des mélanges imitant l’océan. Des composés organiques essentiels comme l’acide aminé, l’alanine, et bien d’autres tout aussi prometteurs ont pu être reconstitués.

De telles sources pourraient se trouver sur Mars, dans l’océan d’Europa, la lune de Jupiter, ou Encelade, celle de Saturne. L’étude est menée par Laurie Barge, astrobiologiste de la NASA, et Erika Flores, du JPL pour « Jet Propulsion Laboratory », en Californie.

Elle devrait également permettre de vérifier la possibilité de l’existence de la vie sur d’autres planètes.

« Nous n’avons pas encore de preuves concrètes de la vie ailleurs. Mais comprendre les conditions nécessaires sur son origine peut aider à circonscrire les endroits où elle pourrait exister », a confié Barge.

Une machine qui produit des molécules organiques

Pour Barge, « comprendre jusqu’où on peut aller avec les matières organiques et les minéraux est important pour connaitre l’environnement où la vie aurait émergé ». « L’existence de ces évents hydrothermaux sur Terre suppose que des réactions similaires pourraient se produire sur d’autres planètes », a déclaré Erika Flores.

L’expérience consiste à chauffer les minéraux, l’eau et d’autres molécules dans un réacteur chimique de 70 °C, à la même température qu’un évent thermique. Le pH a été ajusté et l’oxygène échangé contre de l’hydroxyde de fer ou la « rouille verte », une matière autrefois très abondante sur Terre. Des réactions chimiques prébiotiques se produisaient pour former des molécules à l’origine de la vie.

« Nous avons montré qu’avec des conditions géologiques similaires à celles de la Terre primitive, et peut-être à celles sur d’autres planètes, nous pouvons former des acides aminés et des acides alpha-hydroxyles à partir d’une simple réaction dans des conditions douces qui auraient existé au fond de la mer », a expliqué Laurie Barge.

Installé dans un laboratoire du JPL, un réacteur chimique reproduit les conditions régnant au fond de l’océan à l’époque de l’Hadéen. Il reconstitue les différentes étapes du Big Bang jusqu’à l’apparition de la vie. De cette manière, il est possible d’obtenir des molécules organiques simples, comme du méthane, de l’éthane ou même des acides aminés à partir d’eau de mer.

La vie aurait commencé dans une petite mare

Les scientifiques pensent être en mesure de créer les composés organiques essentiels avec les conditions qui auraient existé au fond de la mer. Néanmoins, ils continueront à étudier ces réactions, dans l’espoir de comprendre les secrets de l’apparition des cellules vivantes et de former des molécules plus complexes.

Dès 1871, Charles Darwin supposait que « la vie sur Terre commençait dans une petite mare, à partir des composés chimiques divers qui se combinaient pour former des molécules complexes ». Actuellement, les scientifiques s’intéressent à la théorie, et y apportent les nouvelles connaissances en une chimie prébiotique.

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