La nouvelle boulette de Pornbub

La branche publicitaire de Pornhub traque les personnes transgenres. Cela laisse craindre des dérives dans les méthodes de collecte de données.

Pornhub est une figure incontournable de la pornographie en ligne. En juin 2020, la plateforme tenait la troisième place des sites pornographiques les plus visités au monde derrière XVideos et XNXX. Elle était également le 10e site le plus visité au monde à la même période. La plateforme canadienne a longtemps fait l’objet de critiques, mais ceux-ci concernent en général son contenu. En effet, elle est surtout accusée de permettre la diffusion de vidéos illicites. Pour répondre aux accusations, Pornhub a effectué un grand ménage en supprimant près de 60 % de ses vidéos.

Un panneau lumineux
Crédits pixabay

La pornodivulgation, la promotion du viol et la pédopornographie ne constituent que la partie émergée des problèmes avec Pornhub. La méthode du site pour collecter les données devrait également susciter des interrogations.

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Pornhub reconnaît visiblement les utilisateurs transgenres

Comme la plupart des sites web, Pornhub collecte des données sur ses utilisateurs à travers leurs actions. Si un abonné regarde beaucoup de porno gay, par exemple, la plateforme le considèrera comme un membre de la communauté LGBTQ.

Rappelons que Pornhub appartient au groupe MindGeek qui possède sa propre plateforme publicitaire appelée TrafficJunky. Parce que MindGeek possède les sites pornographiques les plus visités au monde, TrafficJunky en sait beaucoup sur les préférences sexuelles des internautes. Le site semble opérer comme un banal service publicitaire numérique. Cependant, un détail sur la page de présentation de ses méthodes de ciblage attire particulièrement l’attention. Le service offre la possibilité de cibler par géolocalisation, heure de la journée et mot-clé. Il y a également une section pour le ciblage par préférence sexuelle.

« Nous proposons des spots publicitaires destinés aux groupes hétérosexuels, homosexuels et transgenres afin que vous puissiez être sûr de commercialiser votre marque et votre produit auprès du public idéal », peuvent lire les visiteurs dans la section en question.

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Le risque pour ce type de ciblage

Et étant donné qu’être « transgenre » n’a rien à voir avec la préférence sexuelle, sa mention n’a pas de sens. Il n’existe aucun moyen de déterminer la transsexualité d’une personne selon ses préférences de navigation – même quand celle-ci va sur des sites pornographiques. La question se pose sur la façon dont Pornhub sait si ses utilisateurs sont transgenres ou non. On se doute également que les autres sites de MindGeek sont capables de faire la même chose.

Catégoriser les internautes qu’ils soient transgenres, cisgenres ou non binaires laisse la porte ouverte à des dérives. Il ne faut pas beaucoup d’imagination pour savoir le mal que cela pourrait faire si des entreprises hostiles aux personnes transgenres et non binaires pouvaient avoir accès à ces données. Il est important de savoir de quelle manière des publicitaires comme TrafficJunky obtiennent ces informations sensibles.

Sans cela, il sera impossible de mettre en place des mesures pour empêcher les dérapages.