La plus ancienne procédure de momification révélée par un papyrus vieux de 3500 ans

La momification était rituel sacré pour les anciens Égyptiens. D’ailleurs, ce savoir-faire ne se transmettait que verbalement, entre les experts et leurs apprentis, afin d’en garder le secret. Fort heureusement, des manuscrits, qui servaient probablement de pense-bêtes à la communauté très fermée des embaumeurs, ont traversé les âges et sont parvenus jusqu’à nous.

Parmi ces derniers, le Papyrus Louvre-Carlsberg nous permet justement d’en connaître davantage sur le processus de momification. Et si l’on se fie aux écrits consignés dans ce document, c’est un brin plus compliqué que ce à quoi l’on s’attendait.

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Âgé de 3 500 ans, ce papyrus est d’ailleurs le plus vieux de son genre. L’une de ses particularités est qu’elle aborde en même temps des sujets médicaux et mortuaires.

La momification, un art mortuaire qui demandait beaucoup d’implication et de savoir-faire

Grâce à d’autres anciens documents, nous savions que durant l’embaumement, les prêtres égyptiens enlevaient le cerveau et les organes des morts. Aussi, ils utilisaient du natron, carbonate de soude cristallisé, pour la conservation des corps. Mais grâce au Papyrus Louvre-Carlsberg, nous en apprenons plus sur la procédure de momification.

Tout d’abord, avec un linge fait de lin rouge, les experts appliquaient un produit à base de mélange de plantes sur le visage du défunt. Cela permettait de donner une bonne senteur à la personne décédée, mais surtout de la protéger des insectes et des bactéries. Ce papyrus nous indique également que le processus d’embaumement prenait 70 jours.

Tandis que le séchage de la momie demandait 35 jours, les 35 jours restants étaient destinés à l’emballage de cette dernière, par le biais de tissu et de pailles imbibées d’aromates. Les prêtres travaillaient sur le corps tous les 4 jours. Et au cours de toute cette procédure s’enchaînent 17 rituels funéraires.

Les deux moitiés du Papyrus Louvre-Carlsberg seront bientôt assemblées

Pour le décryptage de la partie décrivant les étapes à suivre pour momifier un défunt, Sofie Schiødt, une égyptologue de l’Université de Copenhague, a été d’une aide cruciale.

La partie du papyrus qui a permis d’identifier des étapes inconnues de la procédure de momification est donc importante. Mais l’autre moitié, abordant des sujets médicaux, est tout aussi essentielle. D’ailleurs, la publication du Papyrus Louvre-Carlsberg en entier est prévue pour 2022.

Pour information, la partie parlant de l’embaumement est actuellement au Musée du Louvre (Paris). L’autre, contenant des informations d’ordre médical, fait partie de la Collection Papyrus Carlsberg, de l’Université de Copenhague (Danemark).