Non, la pollution plastique n’a aucune incidence sur la libido des crabes

Récemment, de nombreuses personnes ont commencé à s’intéresser à la vie sexuelle des crabes. On doit cet intérêt soudain pour l’intimité de nos amis crustacés à un article publié par le Washington Post. Dans celui-ci, nos confrères affirmaient que les crabes étaient « sexuellement excités » par la pollution plastique dans les océans.

Face à cet article surprenant, des internautes ont commencé à mener leur enquête pour savoir si c’était vrai. Aujourd’hui, grâce au site Futurism, on apprend qu’il s’agit d’une interprétation erronée des médias. Cela a été confirmé par des chercheurs de l’Université de Hull.

Les profondeurs océaniques
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Ces derniers ont bel et bien mené une étude sur les crabes. Ces travaux leur ont permis de découvrir que l’oléamide, un composant provenant des déchets plastiques, avait un impact sur les crustacés. Toutefois, ils ont souligné qu’il n’avait aucune incidence sur leur libido.

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Les chercheurs remettent les pendules à l’heure

Paula Schirrmacher de l’Université de Hull s’est entretenue avec nos confrères du site Futurism pour mettre les choses au clair. Selon elle, de précédentes recherches ont révélé que l’oléamide faisait partie des composants du « bouquet de phéromones sexuelles » des crevettes. Toutefois, ce composant agit plutôt comme un « signal alimentaire » chez les crabes.

Dans la récente étude publiée dans la revue Marine Pollution Bulletin, les scientifiques ont effectivement observé de l’excitation chez les crabes. Cependant, elle n’était pas de nature sexuelle. D’après les chercheurs, les crabes ont confondu l’oléamide avec une source de nourriture.

Un composant confondu avec l’acide oléique

Les auteurs de cette étude ont indiqué que cette confusion est due à la ressemblance entre l’oléamide et l’acide oléique. C’est une substance chimique qui est libérée par les arthropodes lorsqu’ils se décomposent.

« En tant que charognards, les crabes peuvent identifier à tort l’oléamide comme source de nourriture, créant ainsi un piège. »

Même si la pollution plastique n’a aucun impact sur la libido des crabes, on sait qu’elle représente un danger pour toutes les espèces marines. Le World Wildlife Fund attire notre attention sur le fait que chaque seconde, une tortue de mer ingère du plastique.

Les chercheurs ont tiré la sonnette d’alarme sur l’importance de prendre des mesures contre cette forme de pollution avant qu’on atteigne un point de non-retour.