La prudence des médias sur l’affaire des MacronLeaks

Les MacronLeaks font beaucoup parler d’eux depuis le weekend dernier. Les médias, eux, ont préféré jouer la carte de la prudence. Samuel Laurent, un journaliste de Le Monde affirme que : « sortir une information fiable à partir de données brutes ne se fait pas immédiatement. » Mediapart et beaucoup d’autres médias ont aussi opté pour le principe de précaution. Ils veulent plus de temps pour élaborer des articles qui soient pertinents.

Une chercheuse américaine, Zeynep Tufekci, a mis en garde les médias français sur ce genre d’affaires et les incite à être très prudents. Le quotidien du soir affirme vouloir investiguer en constatant que « si ces documents contiennent des révélations, Le Monde, bien entendu, les publiera, après avoir enquêté. »

MacronLeaks

Le but de ce dossier serait de semer la discorde, d’après un des articles écrits par la chercheuse.

Tentative de déstabilisation

Zeynep Tufekci met en effet les médias en garde en écrivant que : « Les MacronLeaks n’ont pas pour but de lancer une alerte visant à éclairer sur les agissements des puissants. L’objectif de la manœuvre est de frustrer, pas de convaincre, et de créer le doute, la confusion et la paralysie. »

De sa part, la Commission nationale de contrôle de la campagne électorale (CNCCE) invite les reporters à « ne pas rendre compte du contenu » des informations divulguées.

« Essayer de déboulonner des fake news et des rumeurs, c’est un peu tenter de faire disparaître une flaque de boue en marchant dessus : à chaque fois, on s’enfonce. Et plus on tape dessus, plus ça colle aux semelles » constate la chercheuse américaine. WikiLeaks, dès le début de cette affaire, a prudemment suggéré qu’il ne pouvait s’agir que d’un simple canular.

Les procédures sont en cours

Une enquête a immédiatement été ouverte quelques heures après une plainte déposée par l’équipe En Marche. Les motifs retenus sont « accès frauduleux à un système de traitement automatisé de données » ainsi qu’une « atteinte au secret des correspondances ».

Trouver les coupables relève entièrement de l’autorité de la Brigade d’enquêtes sur les fraudes aux technologies de l’information.

Quant à Joseph Cox, un journaliste de Motherboard, il incite chaque reporter à reconsidérer les conséquences de leurs publications. Il rappelle que : « Le but du journaliste est d’informer le public. Si un pirate diffuse une information dans le seul but de gagner de l’argent ou d’influencer une élection, il est peut-être plus important d’écrire là-dessus que sur les données piratées. »

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