La réalité virtuelle, un atout dans les greffes de poumon ?

En partenariat avec l’Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM), la start-up toulonnaise C2Care a mis au point une technologie pour lutter contre les risques de rejet dans les greffes pulmonaires, rapporte le site Usine Digitale.

La technologie, basée sur la réalité virtuelle, permettra aux patients de s’accommoder aux conditions postopératoires après leur greffe de poumon, afin d’optimiser les chances de réussite.

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L’IA pour réduire le risque de rejet dû à l’anxiété après une greffe de poumon

C2Care est spécialisée dans l’édition de logiciels thérapeutiques, et la jeune pousse a décidé de mettre son savoir-faire au service des patients qui vont subir une greffe de poumon. Le fait est que dans les cas de transplantation pulmonaire, le stress postopératoire, souvent très fort, peut avoir un impact sur la réussite ou non de l’opération. Comme l’explique le directeur de c2care, Pierre Gadea : L’anxiété ne va pas directement provoquer le rejet du greffon, mais elle va entraîner une absence de sommeil qui peut susciter des incidents graves sur le bon déroulé de la greffe”.

Les hôpitaux de Marseille ont sondé plusieurs patients pour connaître les facteurs qui rendent le réveil compliqué après une transplantation pulmonaire. Parmi les situations les plus anxiogènes, on trouve les nombreux bruits qui peuvent par exemple provenir d’une perfusion d’eau vide. Le patient va s’inquiéter alors que ce n’est rien de grave”, explicite Pierre Gadea. Le malade, qui en ce moment là ne peut pas communiquer avec l’équipe soignante, étant intubé et attaché, devient souvent très anxieux à cause de ces “bips”. Ce qui augmente les risques de rejet.

Mais Pierre Gadea est convaincu que la réalité virtuelle peut aider à résoudre ce problème. La réalité virtuelle rentre dans une phase thérapeutique qui peut sauver des vies”, dit-il. La solution de la start-up toulonnaise sera testée en condition sur 20 patients –  tirés au sort sur la liste de transplantation pulmonaire – à partir de début janvier 2020.

Comment ça va fonctionner concrètement ?

Les patients qui vont bientôt subir une greffe pulmonaire vont porter un casque Oculus, puis seront immergés dans une salle de réanimation virtuelle qui ressemble à celle qu’ils découvriront à leur réveil, avec ses machines, ses bruits… Le but de la thérapie étant de faire comprendre aux patients le fonctionnement de cette scène. Il y aura au total trois séances de 45 minutes en présence d’un psychologue de l’hôpital.

Le psychologue enseignera également aux patients des moyens de réguler leurs émotions grâce à des techniques de relaxation qu’ils pourront appliquer à leur réveil dans le boxe de réanimation.

Après les patients en attente de greffe de poumon, C2Care, en partenariat avec l’hôpital Gustave-Roussy (Paris), va également proposer une solution pour les enfants atteints de cancer. “On voudrait créer un parcours à la ‘Mario Bros’ pour qu’ils se familiarisent avec les soins notamment les rayons”, a expliqué Pierre Gadea à ce propos.

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