La Réserve de Svalbard accueille de nouvelles semences

Plusieurs pays et institutions internationales ont contribué à la mise en place d’une réserve de semences dans l’Arctique, à environ 1 300 kilomètres du pôle Nord. Ce grenier servira à stocker des échantillons de plantes pour la culture vivrière en cas de catastrophe mondiale.

C’est une sorte d’arche de Noé qui se trouve à l’intérieur d’une montagne sur l’île de Spitsbergen, dans l’archipel du Svalbard, en Norvège.

Une photo de l'Antarctique

Crédits Pixabay

Les échantillons comprennent des cultures de base telles que le blé, le riz et les haricots. Le prince de Galles, connu pour son engagement en faveur de l’environnement, a envoyé des graines de courges et d’orchidées récoltées dans ses prairies à Highgrove. Un groupe amérindien a également confié des échantillons de leur maïs sacré, le White Eagle.

À présent, le nombre de variétés de semences est de 1,05 million.

Elles sont stockées dans trois alcôves souterraines à une température inférieure à 18°C. Toutefois, le bunker peut contenir jusqu’à 4,5 millions d’échantillons.

La voûte de l’apocalypse

Cette idée a été lancée en 2008 par la Norvège quand le pays a décidé d’octroyer un fonds spécial dédié à la sauvegarde de la biodiversité.

L’État norvégien souhaite protéger la planète du changement climatique, des guerres et des catastrophes naturelles. Cependant, ceux qui déposent des semences dans la réserve en restent propriétaires et peuvent les récupérer en cas de nécessité.

« Persuader les gens qu’un écosystème sain et dynamique soutient notre planète s’est toujours avéré être une tâche épuisante et démoralisante. Il faut agir maintenant et protéger cette diversité avant qu’il ne soit vraiment trop tard », a déclaré le prince de Galles.

Le financement a beaucoup servi aux scientifiques qui, en 2015, ont récupéré les doubles des grains perdus lors de la destruction d’Alep, pendant la guerre civile en Syrie. Le grenier est actuellement surnommé la « voûte de l’apocalypse ». Il est enfermé à l’intérieur de deux murs gris imposants, ornés de miroirs et de fer. Son reflet brille dans l’obscurité de l’hiver polaire.

La réserve elle-même est victime du changement climatique

« Le rythme du changement climatique et la perte de biodiversité s’accélèrent. Désormais, la sauvegarde des cultures vivrières est urgente. L’ampleur du dépôt reflète les préoccupations mondiales sur la production alimentaire », a expliqué Stefan Schmitz, le gérant de la réserve.

Pourtant, il se trouve que l’endroit lui-même a été touché par le changement climatique. Une hausse inhabituelle des températures de l’Arctique a fait fondre la glace autour du grenier et l’entrée du tunnel a été infiltrée par l’eau. La Norvège a, alors, financé des travaux pour isoler et protéger la voûte.