La science derrière les gauchers

Contrairement aux idées reçues, la gaucherie n’est pas qu’une simple question de préférence. Les origines de cette prédominance résident probablement au plus profond de nos gènes.

Les gauchers, qui représentent environ 15 % de la population, sont souvent confrontés à des situations délicates. Ils peuvent se retrouver avec une disposition de couverts qui ne leur convient pas. Les fabricants ne pensent pas toujours à une configuration pour gauchers lorsqu’ils conçoivent des produits. Les gauchers ont le sentiment de vivre dans un monde qui n’a pas été conçu pour eux. Il est simpliste de considérer la sinistralité comme la façon dont certaines personnes préfèrent tenir un stylo. Une exploration dans la génétique de la prédominance révèle de nombreux points communs entre les gauchers. Mais avant cela, il est important de comprendre d’où vient le phénomène.

Un gaucher en train d'écrire
Crédits Pixabay

La cause de la prédominance n’est pas qu’une simple histoire de stress pendant la grossesse. La recherche sur le sujet attribue la condition à des gènes spécifiques.

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La gaucherie n’est pas nécessairement héréditaire

Pendant des années, les chercheurs ont débattu pour savoir si les gènes responsables de la prédominance sont répartis dans notre ADN ou si elle repose sur un seul gène. Ils n’ont pas pu identifier un modèle clair. Mais ces dernières années, il semble y avoir un consensus sur le fait qu’un seul gène est responsable de la sinistralité. En février 2017, la revue scientifique eLife a publié une étude germano-sud-africaine indiquant la formation de la prédominance dès le développement fœtal.

Même en sachant cela, il reste difficile de prédire si un enfant sera droitier ou gaucher. Celui-ci hérite des informations génétiques de ses deux parents. Il n’est pas garanti que le gène de la gaucherie lui soit transmis, même avec deux parents gauchers.

Par ailleurs, il semble que ce soi-disant gène – ou du moins d’autres qui lui sont étroitement liés – ait d’autres effets sur les gauchers. Des études antérieures ont examiné la prévalence et les risques pour la santé. Selon ces travaux, les gauchers sont davantage exposés à un risque d’affections inflammatoires du système digestif telles que la maladie de Crohn. À noter que la recherche n’établit pas un lien direct de cause à effet, mais met en évidence l’existence d’une relation.

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Ce qu’il se passe dans la tête d’un gaucher

Les différences du mécanisme cérébral d’un gaucher et celui d’un droitier restent peu connues. Les travaux qui étudient le sujet sont rares. On sait en revanche que le cerveau des gauchers a tendance à utiliser des bandes plus larges du cortex pour différentes tâches. Rappelons que les droitiers ne sollicitent qu’un seul des hémisphères du cerveau pour le langage et les souvenirs. Ces fonctions cérébrales sont réparties dans les deux hémisphères chez les gauchers. Cela les rend plus résistants aux accidents vasculaires cérébraux, estiment les scientifiques.