La sonde BepiColombo a survolé Vénus avec succès

BepiColombo, la mission spatiale mise sur pied par l’association de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et l’Agence Japonaise d’Exploration aérospatiale (JAXA) a comme objectif final de survoler Mercure, la planète la plus proche du Soleil afin d’y réaliser des mesures complètes et d’en savoir plus sur son environnement dynamique.

Le décollage a eu lieu il y a deux ans, au mois d’octobre plus précisément, du port spatial européen de Kourou, en Guyane française. La mission spatiale étant constituée de deux satellites principaux, le MPO (Mercury PLanetary Orbiter) développé par l’ESA, avec 11 instruments à son bord et le MMO (Mercury Magnetospheric Orbiter) développé par la JAXA, embarquant 5 instruments.

Une photo de Vénus, une planète très mystérieuse

Crédits Pixabay – image recadrée

Sur sa route vers Mercure, BepiColombo doit passer par Vénus afin de bénéficier d’un effet de fronde, avant de continuer la route vers son objectif.

Et après trois mois de préparatifs via le télétravail, avec le minimum de personnel (COVID-19 oblige) pour assurer le bon déroulement de la mission, l’engin spatial a survolé Vénus avec succès le 15 octobre 2020 à une distance d’environ 10 720 km.

À propos de BepiColombo

C’est la première mission européenne à envoyer deux orbiteurs individuels sur Mercure dont le MPO et le MMO, propulsés par le module MTM (Mercury Transfer Module) jusqu’à l’orbite de la cible.

On lui a attribué le nom du professeur Colombo Giuseppe (Bepi) Colombo (1920-1984) de l’Université de Padoue (Italie), un célèbre mathématicien et ingénieur qui fut le premier à découvrir que grâce une résonance inconnue, Mercure tourne trois fois sur lui-même quand il effectue deux révolutions autour du Soleil.

Par ailleurs, Colombo a aidé la NASA à placer la sonde Mariner 10 sur une orbite solaire lui permettant de survoler trois fois Mercure en 1974-1975, grâce à un effet de fronde impliquant Vénus.

C’est justement cette même technique qui est utilisée pour aider l’engin spatial à se diriger vers Mercure. Ainsi, avant d’entrer en orbite autour de la planète à l’horizon 2025, BepiColombo devra effectuer neuf survols assistés par gravité dont un sur Terre, deux sur Vénus et six sur Mercure.

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Un autre survol de Vénus prévu en 2021

Les différentes caméras, instruments scientifiques, moniteur de rayonnement à bord des deux orbiteurs ont permis de collecter des données scientifiques précieuses concernant notamment les profils de température et de densité de l’atmosphère de Vénus. Mais également des informations sur sa composition chimique et sa couverture nuageuse, et à propos de l’interaction du champ magnétique du Soleil et celui de la planète.

BepiColombo survolera une deuxième fois Vénus en août 2021 à une distance plus rapprochée, seulement 550 km, avant de finalement se lancer vers sa destination initiale, la planète Mercure.

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