La start-up française spécialisée dans la bio-impression de tissus organise un crowdfunding sur Wiseed

Poietis a lancé une troisième campagne de financement participatif. Il s’agit d’une start-up française employant 35 personnes et dont le siège social se trouve à Nantes. La jeune pousse de six ans œuvre dans le domaine de la bio-impression 3D. Poietis projette notamment d’imprimer des tissus humains fonctionnels conçus à partir du derme et de l’épiderme. Les produits seront ensuite utilisés pour faire des greffes de peau à des patients qui en ont besoin.

Il va sans dire qu’un projet aussi ambitieux et sans précédent requiert beaucoup d’argent.

Un morceau de peau

Crédits Pixabay

Le coût de lancement du premier essai clinique d’un tissu bio-imprimé en 3D qu’on pourrait greffer sur un humain est estimé à un million d’euros. Jusque-là, la start-up a pu réunir plus de 200 000 euros grâce à la campagne de crowdfunding qui sera disponible sur la plateforme Wiseed jusqu’en septembre, nous apprend l’Usine Nouvelle.

Poietis envisage en outre d’organiser une levée de fonds plus conséquente d’ici 2021 pour financer l’ensemble du projet.

Poietis a fait du chemin

Depuis sa création en 2014, Poietis a travaillé avec le groupe industriel français de produits cosmétiques L’Oréal. La firme a également développé des partenariats avec BASF, le plus grand groupe chimique au monde ainsi qu’avec le groupe pharmaceutique français Servier.

Ce n’était qu’en février 2020 que Poietis a fait part de son intention de concevoir des tissus par bio-impression laser. Le projet est dirigé par Fabien Guillemot, un ancien chercheur de l’Institut national de la santé et de la recherche (INSERM) et est mené en partenariat avec l’Assistance publique-hôpitaux de Marseille (AP-HM).

La plateforme NGB est en cours de perfectionnement

La production de tissus cellulaires sera possible grâce à une plateforme de bio-impression laser baptisée NGB. Il s’agit plus précisément d’une imprimante 3D que Poietis essaie actuellement de rendre compatible avec les exigences réglementaires de l’industrie pharmaceutique. D’ici 2025, la jeune pousse française ambitionne de devenir le fournisseur de bio-imprimante laser NGB de 80 centres hospitaliers dans le monde.

Aussi impressionnante que cette technologie puisse paraître, elle ne pourra pas être utilisée en cas d’urgence médicale. Selon Fabien Guillemot, fondateur de Poietis, la production d’un tissu fonctionnel requiert quelques semaines, car l’impression proprement dite doit être précédée d’une biopsie et d’une bio-fabrication de cellules.

Quoi qu’il en soit, si les essais cliniques seront concluants, les médecins pourraient traiter les brûlures, les plaies chroniques et le cancer de la peau de manière plus efficace.