La Terre pourrait potentiellement être réduite à la taille d’un terrain de foot avec les accélérateurs de particules, du moins d’après un astronome

Martin Rees est un cosmologue britannique de notoriété. Il est l’auteur du livre intitulé « On The Future : Perspectives for Humanity », sorti vers la fin de l’année dernière. Il y avance trois scénarios dans lesquels des accélérateurs de particules pourraient provoquer le quasi-anéantissement de la Terre.

Le scientifique estime que les risques qu’une catastrophe se produise sont bien réels, même si la probabilité est infime.

Sauver Terre

À titre de rappel, un accélérateur de particules est un outil fonctionnant à base de champs électriques ou magnétiques. Il sert à amener des particules chargées électriquement à des vitesses élevées. Doté d’un anneau de 27 kilomètres de circonférence, le LHC est l’accélérateur de particules le plus grand et le plus puissant du monde.

Martin Rees a souligné que les physiciens des particules doivent « faire preuve de circonspection lors de la réalisation d’expériences générant des conditions sans précédent, même dans le cosmos ». Un article détaillant les hypothèses a été publié dans On the Future.

Trois scénarios apocalyptiques

La première possibilité serait qu’un trou noir se forme et engloutisse tout ce qui l’entoure.

Dans le second scénario, les quarks se réassemblent en objets compressés appelés strangelets. « Cela en soi serait inoffensif », a rapporté Sarah Knapton, journaliste scientifique, au Telegraph. « Cependant, sous certaines hypothèses, un strangelet pourrait, par contagion, convertir tout ce qu’elle rencontre en une nouvelle forme de matière ». Ce phénomène pourrait alors transformer la terre entière en « une sphère hyperdense » d’environ cent mètres de diamètre, soit environ la taille d’un terrain de foot.

La troisième éventualité serait une « catastrophe qui engloutit l’espace lui-même ».

« L’espace vide – ce que les physiciens appellent le vide – est plus qu’un simple néant. C’est l’arène de tout ce qui se passe. Il renferme toutes les forces et particules qui régissent le monde physique. Le vide actuel pourrait être fragile et instable », a expliqué le scientifique. « Certains ont émis l’hypothèse que l’énergie concentrée créée par la collision de particules pourrait déclencher une « transition de phase » qui déchirerait le tissu de l’espace. Ce serait une calamité cosmique, et pas seulement terrestre. »

L’innovation est souvent dangereuse

Dans ses propos publiés via son site officiel, le CERN, l’organisation européenne pour la recherche nucléaire, s’est voulu rassurant :

« Le groupe d’évaluation de la sécurité du LHC (LSAG) réaffirme et étend les conclusions du rapport de 2003 selon lequel les collisions au LHC ne présentent aucun danger et qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Quoi que le LHC fasse, la nature l’a déjà fait de nombreuses fois au cours de la vie de la Terre et d’autres corps astronomiques. »

Le célèbre Stephan Hawking s’était également montré optimiste sur le sujet. « Le monde ne finira pas lorsque le LHC se mettra en marche. Le LHC est absolument sûr. Les collisions libérant une énergie plus importante se produisent des millions de fois par jour dans l’atmosphère terrestre et il ne se passe rien de terrible », avait-il soutenu.

Quoi qu’il en soit, pour Rees, « l’innovation est souvent dangereuse. » « Si nous ne renonçons pas aux risques, nous risquons de perdre des avantages », a-t-il ajouté.

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