La Terre va mal, mais ça aurait pu être pire sans ce protocole

Le Protocole de Montréal bannit l’utilisation de produits qui dégradent la couche d’ozone. Notre planète aurait été invivable à partir des années 2040 sans ce traité international.

Les chlorofluorocarbures ou CFC sont des composés gazeux dérivés des alcanes. Ces gaz fluorés sont en partie responsables de la dégradation de la couche d’ozone. Cette dernière est essentielle à la préservation de la vie sur notre planète. Située au niveau de la stratosphère, la couche atmosphérique absorbe le rayonnement solaire ultraviolet. Il est inutile de rappeler la dangerosité de ce rayonnement pour les organismes. Les CFC ne font pas que créer des trous dans la couche d’ozone. Certains sont également de puissants gaz à effet de serre.

La carte du monde au creux de nos mains
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En vigueur depuis janvier 1989, le Protocole de Montréal a réduit de manière considérable l’émission de chlorofluorocarbures. Cela aurait ainsi permis d’atténuer les effets du changement climatique à en croire une nouvelle étude publiée dans la revue scientifique Nature.

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Une ozonosphère disparue en 2100

Le professeur Paul Young – de l’université de Lancaster, au Royaume-Uni – a dirigé une équipe internationale pour modéliser la dégradation de la couche d’ozone et ses conséquences avant l’entrée en vigueur du Protocole de Montréal. Les résultats dépeignent un scénario catastrophe pire que l’actuel changement climatique. Une augmentation continue des CFC aurait provoqué l’effondrement de la couche d’ozone dans le monde d’ici les années 2040. Cela aurait entraîné une surexposition de la faune et de la flore au rayonnement ultraviolet.

En 2100, l’effondrement de la couche d’ozone empêcherait les forêts, les sols et autres végétaux d’absorber 580 milliards de tonnes de dioxyde de carbone. Il y aurait alors une hausse inquiétante de 40 à 50 % de la concentration du gaz carbonique dans l’atmosphère. La température globale connaîtrait alors une hausse de près de trois degrés Celsius.

L’accord multilatéral international signé en septembre 1987 aurait ainsi empêché que ce scénario catastrophe ne se réalise avant la fin du siècle. « Un monde où ces produits chimiques augmenteraient et continueraient à endommager notre couche d’ozone aurait été catastrophique pour la santé humaine, mais aussi pour la végétation », a écrit le professeur Young dans une note dévoilée par le site américain EurekAlert.

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Le pire peut encore arriver si…

La couche d’ozone se rapproche d’un rétablissement total. Cela se remarque à la stabilisation de certaines des caractéristiques du climat global. Néanmoins, le scénario catastrophe peut toujours se réaliser. Si jamais le traité est violé, cela pourrait compromettre nos chances d’atténuer ou de résoudre la crise climatique.

Il y a encore quelques années, les chercheurs ont repéré des émissions de CFC dont la source était inconnue. Les recherches avaient finalement déterminé en 2019 que des installations industrielles en Chine étaient à l’origine de ces émissions. Nous devons ainsi rester sur nos gardes.

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