La Terre vibre moins depuis la mise en place du confinement à travers le monde

Saviez-vous que les humains pouvaient faire trembler la Terre ? Eh bien, c’est effectivement le cas du point de vue des sismologues. Les activités humaines, incluant par exemple les chantiers de construction, les industries, le mouvement des véhicules et même les événements sportifs, créent en effet un bruit de fond constant constitué de bruits sismiques à haute fréquence.

Pour faire face à la pandémie de Covid-19, la plupart des pays dans le monde ont instauré des mesures de confinement, et apparemment, cela a eu un effet au niveau planétaire puisque, selon les sismologues, la planète se serait mise à moins vibrer. Les scientifiques pensent qu’il s’agit de la réduction du bruit sismique anthropique la plus longue et la plus étendue depuis qu’ils ont commencé à l’enregistrer.

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Selon Stephen Hicks, sismologue à l’Imperial College de Londres, leur étude montre à quel point les activités des humains affectent la planète. Elle leur permet également d’en savoir plus sur comment faire la différence entre les bruits naturels et ceux causés par les activités de l’homme.

Des baisses notables partout dans le monde

Les scientifiques  expliquent que le confinement n’a pas totalement éliminé le bruit de fond produit par les humains. Toutefois, la réduction est tout de même assez conséquente puisqu’elle atteint les 50 %. C’est ce que les chercheurs ont conclu à partir des données collectées au niveau de 268 stations de surveillance sismique situées dans 117 pays. Les données en question sont celles ayant été enregistrées jusqu’au mois de mai 2020.

Les sismologues expliquent que l’on peut voir clairement qu’il y a un motif qui se forme sur les graphiques obtenus. Cela commence en Chine vers la fin du mois de janvier et se poursuit dans les pays d’Europe et le reste du monde au cours des mois de mars et avril. Sur la totalité des stations, 185 montrent une baisse significative du signal anthropique qui correspond aux mesures de confinement instaurées dans chaque région. Les sismologues ont aussi remarqué que la diminution du bruit était plus notable dans les zones urbaines plus peuplées, mais on peut aussi la voir dans les zones rurales.

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Un coup de pouce pour les sismologues

La Terre qui vibre moins, c’est aussi une bonne chose, comme l’indiquent les sismologues. En effet, en comparant les signaux enregistrés avant et pendant le confinement, ils peuvent améliorer leur caractérisation du bruit généré par les activités humaines. De plus, comme le bruit de fond diminue en intensité, il est plus facile de détecter les signaux provoqués par les secousses sismiques naturelles. Ces dernières sont généralement noyées par le bruit de fond dans les zones très peuplées.

D’après les chercheurs, il est important de savoir différencier les signaux naturels des signaux générés par l’homme pour mieux surveiller les mouvements du sol. On peut ainsi détecter plus rapidement les phénomènes comme les tremblements de terre ou encore les éruptions volcaniques.

Aujourd’hui, le confinement commence à être levé dans certains pays. Le silence sismologique commence ainsi à disparaître peu à peu. Toutefois, ces quelques mois ont pu aider les sismologues à prévoir de nouvelles méthodes pour la surveillance des signaux sismiques dans le futur.

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