La terrible histoire des pensionnats indiens du Canada

Autrefois, le Canada d’aujourd’hui était habité par des populations autochtones, notamment des Amérindiens et des Groenlandais. Vers le début du 19e siècle, soit durant la colonisation des Amériques, elles ont connu différentes formes d’oppression. Ces peuples ont été victimes d’assimilation forcée. Les colons leur ont interdit de pratiquer leurs religions et leurs traditions. Pire encore, leurs enfants ont été obligatoirement envoyés dans des pensionnats autochtones.

Loin d’être des lieux propices à l’épanouissement éducatif, ces lieux font penser à des camps de concentration nazis. C’est en tout cas ce que relatent les documents et vestiges découverts plus tard par des chercheurs.

La cellule d'une prison
Crédits Pixabay

Même à l’époque, des inspecteurs et citoyens ont dénoncé des cas de maltraitance, mais la politique d’assimilation était ardemment soutenue par le gouvernement.

Le Canada compte 130 anciens pensionnats autochtones. Au pensionnat de Kamloops, le plus grand d’entre eux, des chercheurs ont retrouvé 215 tombes d’enfants.

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Des écoles ou des prisons ?

Les enfants qui vivaient dans ces pensionnats ont connu tous les malheurs du monde. Des documents font état d’abus sexuels, de privation de nourriture, de tentatives de suicide et de toutes les formes imaginables de maltraitance. Certains bâtiments étaient en ruine et les soins sanitaires y étaient précaires, causant des morts qui se chiffraient en masse pour chaque pensionnat.

Les enfants ne pouvaient pas visiter leurs parents ou voisins. Les fugueurs risquaient d’être enchainés, attachés avant d’être punis. Les courtes vacances de Noël étaient considérées comme des faveurs qu’on leur accordait.

« La nourriture est de la nourriture de porc, elle est impropre à la consommation par des êtres humains. Certains… des trognons de pomme, des patates pourries, des vers et de la viande pourrie et ils nous forcent à en manger, c’est pourquoi certains garçons tombent malades. »

Arthur Jeffries, un élève du pensionnat de Sechelt, dans une lettre écrite en 1933

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Un système mortel approuvé par l’opinion publique

La société « civilisée » de l’époque semblait croire fermement que le seul salut pour « l’Indien » est de s’assimiler à la culture des blancs. Si plus d’un a eu vent des cas d’abus et de morts en masse, l’opinion publique avait approuvé le système central mortel de ces « écoles ».

« Je me demande quand viendra le temps où nos élèves seront autorisés à prendre leur place dans la vie sociale et industrielle des “blancs”. »

Le directeur du pensionnat d’Ahousaht, dans une lettre de 1940, une note de remerciement adressée à Mme Goodfellow, une femme de Princeton

Un autre sentiment commun ressenti par ceux qui tenaient ces pensionnats était que les peuples autochtones montraient de l’ingratitude.

« Les Indiens ne semblent pas, malheureusement, montrer une grande appréciation de ce que nous essayons de faire. »