La testostérone n’aurait aucune influence sur le succès

La testostérone est souvent associée au succès. Pourtant, si l’on en croit une étude récente menée par l’Université de Bristol, l’hormone n’a absolument rien à voir dans le processus de réussite.

La testostérone est une hormone appartenant au groupe des androgènes. Elle est surtout propre à l’homme et elle est ainsi fabriquée principalement par les testicules. La femme peut également en produire par le biais de ses ovaires, mais en quantités moindres.

Un homme en train de crier
Image par Engin Akyurt de Pixabay

Cette hormone contribue au développement de certaines caractéristiques typiquement masculines. Comme la voix grave, le développement des muscles, la production de sperme ou encore l’apparition de poils.

La testostérone, synonyme de succès ?

Si l’on en croit les différentes études menées à son sujet, alors le taux de testostérone serait au plus haut durant l’adolescence et les années suivantes. Elle diminuerait ensuite progressivement à partir de 30 ans.

Il faut cependant noter que tous les hommes ne fabriquent pas la même quantité de testostérone. Il y a en effet des variations d’un individu à l’autre, des variations qui peuvent d’ailleurs être très importantes.

Dans certains cas, les médecins peuvent d’ailleurs prescrire un traitement afin d’augmenter ce taux.

Toujours est-il que beaucoup de gens pensent qu’il existe un lien entre le taux de testostérone d’un homme et sa réussite sociale.

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Une étude reposant sur des données issues de plus de 300 000 personnes

L’Université de Bristol, de son côté, a voulu s’en assurer en menant une étude poussée, une étude placée sous la responsabilité du Dr Amanda Hughes, qui est associée de recherche principale en épidémiologie à la faculté de médecine de Bristol.

L’établissement s’est donc appuyé sur une approche de randomisation mendélienne en s’appuyant sur un échantillon de 306 248 adultes britanniques, des échantillons fournis par l’UK Biobank, une vaste étude suivant 500 000 volontaires originaires du Royaume-Uni pendant une trentaine d’années.

L’idée de départ était relativement simple et il s’agissait donc de mettre en corrélation le niveau de testostérone des membres de ce panel avec leur statut socio-économique. Comment ? En s’appuyant sur plusieurs critères comme le revenu, le statut d’emploi ou encore les qualifications scolaires.

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Un lien de cause à effet, mais dans quel sens ?

Pour aller encore plus loin, ils ont également pris en compte les données relatives à la santé, comme l’IMC ou les comportements à risque.

En croisant toutes ces données, les chercheurs ont établi plusieurs constats.

La première est évidente. Dans le sens où notre génome est défini par notre naissance et qu’il ne change globalement pas au cours de notre vie (sauf dans des cas très spécifiques), notre vie ne peut pas influer sur nos gènes. En d’autres termes, s’il doit y avoir un lien entre notre profil génétique et les événements de notre vie, alors cela vient forcément de nous, et non de notre environnement.

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Et si la réussite augmentait le taux de testostérone ?

Toutefois, cela ne vaut pas pour les hormones, dont les taux varient en fonction du déroulement de notre vie.

Le second constat est tout aussi intéressant. Tout comme ce que laissaient présager des études antérieures, les hommes ayant un taux de testostérone plus élevé ont effectivement plus de chance de générer davantage de revenus, de vivre dans des quartiers moins défavorisés et d’être titulaires d’un diplôme universitaire et d’un emploi qualifié.

Cela étant, les chercheurs précisent aussi dans leurs travaux que le niveau de testostérone, contrairement à notre génome, peut être influencé par des variables extérieures.

Le meilleur exemple étant celui des sportifs. Les vainqueurs voient généralement leur taux de testostérone augmenter par rapport à ceux qui ont perdu la compétition. Les chercheurs ne pensent donc pas que la testostérone est à l’origine de la réussite sociale, mais plutôt que la réussite sociale favoriser l’augmentation du taux de testostérone.