La vie extraterrestre pourrait être plus commune que prévu

Sommes-nous seuls dans l’Univers ? Cette question, nous sommes nombreux à nous l’être posée, mais Tomonori Totani, un enseignant en astronomie de l’Université de Tokyo, a voulu aller un peu plus loin.

La vie telle que nous l’entendons est conditionnée par l’assemblage de certains éléments constitutifs. Le processus porte un nom, l’abiogenèse, et il repose sur l’idée de génération spontanée.

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La Terre est le seul endroit connu où cet assemblage a débouché sur l’apparition de formes de vie. La question est donc de savoir si l’abiogenèse peut s’étendre à d’autres mondes.

L’ARN et l’abiogenèse

Tomonori Totani s’intéresse depuis longtemps à cette question et c’est ce qui l’a poussé à se lancer dans une nouvelle étude, une étude dont les résultats ont été présentés dans Nature Scientific Reports. Elle peut être intégralement consultée à cette adresse.

Pour tenter de répondre à cette épineuse question, le chercheur a choisi de se focaliser sur l’ARN. Cet acide nucléique est présent chez tous les êtres vivants et il est assez proche de l’ADN sans pour autant atteindre sa complexité. L’idée était en effet de définir un seuil à partir duquel un organisme peut être considéré comme vivant.

L’ARN atteint en effet un niveau de complexité supérieur à celui des produits chimiques bruts et il a également plus de chance de se produire par abiogenèse que l’ADN.

Mais ce n’est pas non plus la seule raison qui a poussé notre chercheur à se tourner vers l’ARN. En 1986, un certain Walter Gilbert a en effet supposé pour la toute première fois que l’ARN était la forme de vie présente avant la première cellule à ADN.

L’hypothèse du monde à ARN

Par la suite, la théorie a été reprise et beaucoup de chercheurs la soutiennent. C’est ce que l’on appelle l’hypothèse du monde à ARN.

Mais l’ARN ne représente qu’une partie du problème. Pour savoir si la vie est susceptible d’exister ailleurs que sur Terre, il faut également déterminer les probabilités que l’ARN se forme dans un autre monde que le nôtre.

Tomonori Totani a donc cherché à mieux se représenter l’Univers, en ne se limitant pas à sa partie observable.

En effet, dans la mesure où nous ne pouvons observer que les étoiles dont la lumière nous parvient, nous avons une connaissance incomplète de l’Univers. Il est par conséquent indispensable de dissocier l’Univers observable de l’Univers global. Et si l’on en croit l’article de Totani, alors « notre » univers – celui que nous pouvons observer – comprendrait environ 10 22 étoiles semblables à notre Soleil, contre 10 100 pour l’Univers global.

Une histoire de probabilités

Et cette différence a bien entendu son importance. En se basant sur la quantité de matière observable, Totani suppose en effet que cette dernière ne pourrait donner vie qu’à de l’ARN de 20 nucléotides de long. Un seuil insuffisant pour atteindre l’autoréplication.

Néanmoins, lorsqu’on prend en compte le reste de l’Univers et le principe d’inflation, alors la quantité de matière est bien plus importante, et l’ARN a donc plus de chances d’atteindre le seuil d’autoréplication.

Alors bien sûr, Totani ne répond pas à la question sur laquelle débute cet article, mais ses conclusions laissent penser que l’apparition de la vie telle que nous la connaissons est presqu’inévitable… et ce même s’il y a de grandes chances qu’elle ne se forme pas près de chez nous.

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