L’accumulation de débris dans l’espace ne fait pas l’affaire du télescope Hubble

Lorsqu’un satellite est lancé dans l’espace, il est forcément exposé aux différents débris qui y pullulent depuis le temps. Et il semble bien qu’Hubble, le télescope de la NASA y ait été confronté depuis bien longtemps.

En effet, si Hubble a été mis en orbite en 1990, une opération d’entretien a été réalisée trois ans après et a, pour la première fois, témoigné de l’hostilité du milieu dans lequel il se trouve. En remplaçant des panneaux solaires qui tenaient mal en place à cause de la fluctuation de la température, on a trouvé des impacts et des centaines de débris spatiaux, incrustés dans ces panneaux et diminuant leur efficacité.

D'après Hubble, le taux d'expansion de l'Univers est plus important que prévu

Crédits Pixabay

Neuf ans plus tard, c’est-à-dire en 2002, ces panneaux solaires ont de nouveau été remplacés. Pour information, c’est l’ESA qui s’occupe de l’entretien des panneaux solaires du télescope Hubble et justement, l’agence a récemment décidé de se pencher un peu plus sur les dégâts subis en analysant des morceaux des panneaux ramenés sur Terre.

Certains débris sont naturels, d’autres ne le sont pas

Les chercheurs ont ainsi examiné les échantillons de panneaux solaires afin de se faire une idée sur les dimensions et la profondeur des impacts de débris. En cours de route, ces recherches ont également permis d’identifier la présence de corps étrangers et de nouveaux éléments qui, connaissant la composition chimique des cellules solaires, sont aisément identifiables.

La présence de métaux tels que le nickel ou le fer ont ainsi prouvé que certains débris qui se sont incrustés proviennent d’astéroïdes ou de comètes, des objets que l’on retrouve naturellement dans l’espace.

Toutefois, des traces d’aluminium et d’oxygène ont également été détectées, ce qui indique des traces de l’activité humaine. Les chercheurs ont en effet fait le lien entre les débris contenant de l’aluminium et de l’oxygène et les lancements de fusées, des activités qui ont connu un essor notable ces dernières décennies.

Les risques de collisions ont augmenté en 30 ans

Si Hubble a jusqu’à présent été confronté à des débris de petite taille, le risque que le télescope ait à faire face à des fragments ou des débris nettement plus gros (entre 1 et 10 centimètres de diamètre), pouvant gravement l’endommager, augmente continuellement. En effet, si ce risque était estimé à 0,15 % en 2000, elle est actuellement passée à 0,3 %.

Afin d’éviter que cela n’arrive, l’ESA a mis au point des technologies de prévention des collisions automatisées, grâce auxquelles l’efficacité du processus est nettement plus accrue.

Concernant les débris qui sont déjà présents, c’est par le biais de la mission ClearSpace-1 que l’ESA essaiera de régler le problème. Cela consiste à se débarrasser des débris qui se trouve sur le trajet d’un module de 100 kg qui fera office d’aspirateur.

Notons que ce projet est très important, car selon les chiffres publiés par l’ESA en 2019, on recense environ 130 000 000 de débris de différentes tailles (pour une masse de 8 400 tonnes), qui flottent dans l’espace à proximité de la Terre, depuis que l’homme est parti à la conquête de l’espace il y a 6 décennies.