L’addiction aux jeux vidéo classée parmi les maladies mentales par l’OMS

L’addiction aux jeux vidéo doit-elle être reconnue comme une maladie mentale à part entière ? Eh bien si l’on pose la question à l’OMS, la réponse sera oui. Depuis quelques jours l’Organisation Mondiale de la Santé classe le phénomène de Gaming disorder au sein de sa liste des pathologies mentales (CIM-11). Une décision prise après des mois de réflexion, qui a notamment pour conséquence d’ajouter les troubles liés aux jeux vidéo à classification internationale des maladies… et de générer l’ire des professionnels du secteur, qui dénoncent pour leur part un manque de transparence.

Le 1er mars dernier, le Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL), publiait ainsi – à l’intention de l’OMS – un communiqué rédigé en commun avec d’autres acteurs européens. On y lisait notamment que « 36 experts en santé mentale à la renommée internationale et très respectés (…), s’opposeront (…) au projet de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) visant à créer une nouvelle classification du trouble du jeu vidéo« .

L’OMS persiste et signe. En dépit des revendications des professionnels du jeu vidéo et d’avis scientifiques contrastés, l’addiction au jeu vidéo rejoint la liste des maladies mentales dressée par l’organisation.

Du côté de l’OMS, Shekhar Saxena (directeur du département de la santé mentale au sein de l’organisation), déclare : « nous sommes convaincus que nous avons pris la bonne décision« , et ajoute « nous pensons que l’inclusion de ce trouble dans la CIM-11 (…) permettra aux pays d’être mieux préparés à identifier ce problème et de fournir des méthodes de traitement préventif« . Dans la liste dressée par l’OMS, l’addiction au jeu vidéo se classe aux côtés de l’addiction aux jeux de hasard et aux autres troubles liés à des comportements addictifs.

L’addiction aux jeux vidéo : un phénomène réel, mais marginal

Selon l’OMS, l’addiction aux jeux vidéo se définit par une perte de contrôle sur cette activité ; une priorité croissante accordée au jeu vis-à-vis d’autres occupations, mais aussi par la poursuite de cette activité malgré l’apparition de conséquences négatives sur la vie du joueur.

Toujours selon l’organisme 2 à 3% des gamers seraient accros. Une estimation « très approximative » reconnait toutefois l’organisme qui n’en démord pas pour autant, les addicts doivent être mieux encadrés et les autorités sensibilisées à cette problématique.

Comme le souligne BFMTV, une étude Ipsos (publiée le 8 juin dernier) note par ailleurs qu’un jeune français (14-24 ans) sur six passerait plus de cinq heures par jour à jouer aux jeux vidéo, tandis que 7% des jeunes interrogés y consacreraient quotidiennement plus de huit heures.

L’Assemblée mondiale de la santé devra, en 2019, décider si oui ou non les troubles liés aux jeux vidéo méritent d’intégrer la liste des maladies mentales.

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