L’ADN des momies enfin identifié

Trouver des informations génétiques sur une momie est un défi ambitieux. Plusieurs chercheurs ont essayé d’en extraire l’ADN durant des décennies, mais avec peu ou pas de résultats. Beaucoup ont pensé que leur matériel génétique a été altéré par le temps, le climat du désert et les produits chimiques de momification. Néanmoins, le 30 mai 2017, une équipe internationale de chercheurs a déclaré avoir réussi. Ils ont découvert 90 génomes appartenant à 151 momies.

L’équipe a été dirigée par le généticien allemand Johannes Krause du Max Planck Institute. Les génomes identifiés appartenaient à des momies du site d’Abousir el-Melek près du Caire. Celles-ci datent de 1400 avant à 400 après Jésus-Christ. Les chercheurs ont utilisé les dernières technologies de séquençage.

Momie ADN

Les résultats de l’étude sont disponibles dans la revue Nature Communications. Ils pourront bouleverser les hypothèses dominantes sur l’égyptologie.

Des traces de dominations étrangères ?

« Notre étude prouve enfin qu’il y a bien de l’ADN préservé dans les momies de l’Égypte ancienne », a confirmé Albert Zink, un des chercheurs qui a participé aux travaux.

« La génétique de la communauté d’Abousir n’a subi aucun changement majeur au cours de la période de 1300 ans que nous avons étudiée, ce qui laisse à penser que la population est restée génétiquement relativement peu affectée par la conquête et la domination étrangères », a noté Wolfgang Haak de l’Institut Max Planck.

Selon Verena Schuenemann, de l’Université de Tuebingen, le but de la recherche était initialement de « vérifier si les conquêtes d’Alexandre le Grand et d’autres puissances étrangères avaient laissé une empreinte génétique sur la population égyptienne ancienne. »

Les pharaons étaient européens ?

D’après l’étude, les pharaons seraient génétiquement plus similaires aux Européens qu’aux Africains. Cette découverte est susceptible d’infirmer l’idée soutenue par le professeur Cheikh Anta Diop, historien et égyptologue. D’après ce dernier, l’Égypte antique était gouvernée par des pharaons noirs et habitée par un peuple noir.

Les pharaons présentaient des gènes semblables aux populations néolithiques du Levant, c’est-à-dire de l’Anatolie (Turquie) et de l’Europe. Les résultats montrent que les Égyptiens de l’Antiquité seraient plus semblables aux actuels Européens. Les subsahariens n’auraient débarqué dans cette zone que 1500 ans plus tard.