L’affaire de la momie Takabuti enfin résolue

Une momie égyptienne avait été acquise par un irlandais en 1834 et emmenée à Belfast. L’égyptologue Edward Hincks avait alors réussi à déchiffrer les hiéroglyphes qui se trouvaient sur son sarcophage. Hincks a ainsi découvert que la femme momifiée avait comme nom Takabuti, avait la vingtaine au moment de sa mort, était mariée et dirigeait une grande maison à Thèbes.

Depuis l’ouverture de son sarcophage en 1835, Takabuti a subi de nombreux tests, surtout ces dernières années où on lui a fait passer des examens aux rayons X, des CT-scans, une analyse de ses cheveux, ou encore une datation au carbone. Cette dernière a montré qu’elle avait vécu vers 660 av. J.-C., c’est-à-dire vers la fin de la 25e dynastie.

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Les tests les plus récents ont toutefois révélé des détails sur la momie encore inconnus à ce jour. Par exemple, on sait maintenant comment Takabuti a perdu la vie il y a 2 600 ans. D’après un communiqué de l’Université de Manchester le 27 janvier dernier, elle aurait été tuée au cours d’une attaque au couteau.

La cause de la mort

Selon les chercheurs, les tests tomodensitométriques ou CT-scans les plus récents ont révélé que Takabuti est morte d’une morte violente. Elle présente en effet des marques de blessure au couteau au niveau de son dos, près de son épaule gauche.

De plus, les CT-scans ont aussi montré une blessure grave à l’arrière de sa paroi thoracique supérieure gauche, comme l’explique le Dr. Robert Loynes, chirurgien orthopédiste à la retraite et professeur honoraire au KNH Center for Biomedical Egyptology de l’Université de Manchester. Selon lui, cette blessure a certainement causé la mort rapide de Takabuti.

Des résultats surprenants

A part le fait d’avoir découvert la cause de la disparition de la femme égyptienne, les tests ont aussi révélé des informations assez surprenantes. Par exemple, l’analyse ADN a montré que Takabuti était génétiquement plus proche des Européens que des Égyptiens actuels.

Les CT-scans ont également révélé que le cœur de la momie était toujours présent dans son corps, et qu’il était bien préservé et intact. Selon Greer Ramsey, conservateur de l’archéologie aux National Museums Northern Ireland, on ne peut pas sous-estimer la confirmation de la présence du cœur de la momie dans son corps. Dans l’ancienne Égypte, cet organe était retiré dans l’au-delà et pesé pour savoir si la personne avait vécu une bonne vie. D’après Ramsey, si le cœur était trop lourd, il était mangé par le démon Ammit et le voyage vers l’au-delà échouait.

L’analyse des restes de Takabuti a aussi révélé quelques surprises. Elle avait en effet deux conditions rares, une dent de plus qu’une personne normale, c’est-à-dire 33 dents au lieu de 32, et une vertèbre de plus.

En tout cas, d’après les scientifiques, les résultats des nouvelles analyses ont aussi permis d’avoir des éclaircissements sur la vie en Égypte durant la 25e dynastie, comme l’indique Rosalie David, une égyptologue à l’Université de Manchester. Aussi, la découverte de l’héritage européen de la momie révèle des points fascinants sur un tournant important de l’histoire de l’Egypte.

Mots-clés archéologie