L’Allemagne a ouvert le premier procès pour torture à l’encontre des agents du gouvernement syrien

Jeudi 23 avril 2020, Reuters nous informe que l’Allemagne a ouvert le premier procès pour crimes de guerre contre deux membres présumés des services de sécurité du président Bashar al-Assad. Le premier est Anwar R., un ancien officier du renseignement accusé d’avoir commis 58 meurtres dans une prison de Damas où, selon les procureurs, au moins 4.000 militants de l’opposition ont été torturés en 2011 et 2012.

Le second suspect est Eyad A., accusé d’avoir facilité la torture d’au moins 30 militants de l’opposition arrêtés après une manifestation anti-Assad en 2011. Anwar R. a demandé l’asile en Allemagne en 2014 tandis qu’Eyad A. est arrivé en Allemagne en avril 2018. Tous deux sont jugés en Allemagne en vertu des lois de compétence universelle permettant à ce pays de juger les crimes contre l’humanité commis n’importe où dans le monde.

La statue de la justice

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Selon des avocats internationaux, il s’agit probablement du premier cas de procès pour torture contre des responsables présumés du gouvernement Assad.

Les militants saluent le processus

Petra Zimmermann, porte-parole du tribunal régional supérieur de Coblence, a déclaré que « les suspects sont accusés d’avoir été membres de la direction générale du renseignement syrien ». Des interprètes arabes ont traduit les charges portées à l’encontre des suspects, identifiés uniquement par leurs prénoms en vertu des lois allemandes sur la protection des renseignements personnels.

Les militants ont salué ce processus comme étant un premier pas vers la justice pour des milliers de Syriens qui ont déclaré avoir été torturés par des agents du gouvernement syrien, après l’échec de nombreuses tentatives de création d’un tribunal international pour la Syrie. La Russie et la Chine ont également fait obstacle à ces tentatives auprès du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Les autres pays emboîteront-ils le pas de l’Allemagne?

Devant la cour de justice allemande, une douzaine de réfugiés syriens et de militants des droits de l’homme ont brandi des banderoles où il était notamment écrit que « la Syrie d’Assad est un État de torture ».

Les militants et les survivants à ces actes de tortures espèrent ainsi que ce procès ouvrira la voie à de nombreuses autres actions en justice du même genre dans les autres pays européens comme la Norvège qui dispose des lois de compétence universelle comme l’Allemagne et où d’anciens membres des services de sécurité du gouvernement syrien résideraient.

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