L’Antarctique est la cible de milliers de tremblements de glace, mais seulement la nuit

Les scientifiques ne cessent de découvrir des phénomènes étranges dans l’Antarctique. Dernièrement, ils ont constaté que des tremblements secouent la plateforme de glace pendant la nuit. Ces mystérieuses vibrations ont été captées grâce à des sismomètres plantés sur le plateau de McMurdo.

Ces instruments ont été placés dans deux sites différents, à une distance de vingt kilomètres. Ceux-ci sont nommés « station sèche » et « station humide », en référence au degré de fusion des zones.

Lac subglaciaire

Douglas MacAyeal est professeur de sciences géophysiques et glaciologue à l’Université de Chicago. Son équipe a été chargée d’étudier le comportement de la glace, l’impact des eaux de fonte et les processus de fusion dans la région antarctique depuis des décennies. Les résultats de leurs recherches ont été rapportés dans Annals of Glaciology.

« Dans ces régions, nous en enregistrerions des milliers par nuit. Il est possible que les sismomètres soient un moyen pratique de surveiller à distance la fonte des glaciers», a déclaré Douglas MacAyeal dans un communiqué de presse.

La sismicité pourrait être un indicateur de l’état des plateformes de glace

Les chercheurs ont observé quelques différences entre les deux environnements. À la station humide, la glace produit des flaques d’eau sur le sol pendant la journée. Des milliers de séismes naturels éphémères s’y animaient chaque nuit. Chacun dure moins d’une seconde. Toutefois, ce n’est pas la première fois que les scientifiques y observent des cycles sismiques diurnes.

« À mesure que la température se refroidit la nuit, la glace se contracte et l’eau en dessous se dilate sous l’effet du gel. Cela déforme le couvercle supérieur jusqu’à ce qu’il se casse en un clin d’œil », a expliqué le géologue.

Par contre, la station sèche reste telle qu’elle est, malgré la chaleur du soleil. Les mares qui se formaient se recongelaient immédiatement. Le tremblement détecté dans cet endroit semble provenir des activités humaines, comme des engins qui circulent à proximité.

Les géologues travaillent davantage sur le processus de fonte en collectant plus de données. Ils ont constaté que ceux-ci sont très forts là où les tremblements se produisent. Leur objectif est de comprendre où, comment et pourquoi la glace fond.

« L’énergie vibre dans ces environnements. Certaines fissures se réparent, mais d’autres ne le font pas. Cela se produit peut-être à des échelles plus longues et plus lentes», a déclaré le scientifique.

Les chercheurs pensent que les séismes pourraient aider à surveiller de loin le comportement des glaces. Leur découverte est un élément important sur la compréhension de la physique et les mystères qui entourent les bassins de fusion.

Pour comprendre les mécanismes de fonte

En 2002, les glaciologues ont été surpris par un effondrement massif de la plate-forme de Larsen B. Depuis, ils étudient les mécanismes afin de prévenir ou anticiper d’autres phénomènes similaires.

« Une sismicité thermiquement régulée peut exister sur toutes les plateformes soumises à la fusion et au gel en surface, en particulier celles qui ont perdu leur couche de protection isolante », a conclu l’équipe.

Effectivement, les scientifiques pensent que le paysage s’adapte à une planète qui se réchauffe de plus en plus, car l’Antarctique est en train de fondre rapidement. Toutefois, cette explication est perçue comme une hypothèse jusqu’à preuve du contraire.