L’apiculture urbaine pourrait menacer la survie des espèces indigènes

L’apiculture est une activité devenue très en vogue dans les grandes villes occidentales. À Paris, 4 ruches ont été installées dans le jardin du Palais de l’Élysée depuis 2016. Aux États-Unis également, l’ancienne première dame, Michelle Obama, a fait de même à la Maison-Blanche.

La présence des insectes peut être bénéfique pour l’écosystème en général, grâce à leur rôle dans la pollinisation et leur production de miel. Cependant, les scientifiques se posent des questions, car les abeilles installées par l’homme pourraient menacer l’existence des espèces indigènes.

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Une entomologiste de l’université de l’Illinois, Adam Dolezal, pense que les apidés domestiques entrent en concurrence avec les mouches à miel déjà présentes sur les lieux.

Les abeilles mellifères : une espèce étrangère

Les essaims d’abeilles, que l’on place sur le toit d’un immeuble pour produire un peu de miel à partager entre les habitants, sont issus d’une race européenne très spécifique. Elles sont arrivées en Amérique pour la première fois au XVIIe siècle, ramenées par les pionniers venus chercher fortune. Aujourd’hui, on estime qu’il y a un peu moins de 3 millions de colonies, en ce qui concerne cette espèce importée.

Selon les écologistes, la prospérité de ces insectes domestiques pourrait bien nuire à leurs semblables sauvages. En effet, même dans les villes américaines modernes, il y a des butineuses « autochtones » qui se sont admirablement adaptées au milieu urbain. Les scientifiques ont identifié 200 « variétés américaines » à New York, l’une des plus grandes métropoles du monde.

Une cohabitation difficile entre les espèces

L’avantage des hyménoptères importés du vieux continent, c’est qu’ils s’adaptent à beaucoup de sources de pollen. Des organisations, comme Best Bees Company, collectent des données venant de nombreuses ruches urbaines et du miel qu’elles produisent. Les analyses montrent que les abeilles domestiques peuvent butiner sur 181 types de plantes différentes.

Par contre, les abeilles indigènes sont plus sélectives, préférant les fleurs originaires de leur milieu naturel. La cohabitation entre les espèces peut causer du tort aux « natives », car les « étrangères » butinent sur leurs sources de nourriture. Une étude parisienne faite en 2019 a démontré que plus il y avait d’abeilles mellifères dans un endroit, moins il y avait de cousines sauvages dans les parages.

Les butineuses « apprivoisées » sont également capables de transmettre des maladies, comme le varroa, décimant les colonies de populations locales.

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