L’Armée française teste des robots terrestres

Des opérations militaires comme on peut les voir dans les films de science-fiction ? C’est peut-être pour bientôt du côté de l’armée française. Dernièrement, le camp de Coëtquidan a en effet accueilli un exercice de recherche appliquée de l’armée qui a vu la participation de 80 élèves de l’Ecole Militaire Inter-Armes ou EMIA. La particularité de cet exercice dirigé par le CREC ou Centre de Recherches des Ecoles de Coëtquidan a été le fait qu’il a été soutenu par les entreprises Nexter Systems et Shark Robotics. Au cours des deux jours de l’événement, ces compagnies qui travaillent dans le domaine de la robotique ont présenté certains de leurs nouveaux produits.

Selon les informations, cet exercice où les militaires ont pu tester des robots a été organisé après la publication d’un article rédigé par Gérard du Boisboissel, ingénieur du CERC. Dans son article, celui-ci écrit vouloir évaluer l’apport de la robotique au cours d’une action militaire. Il voulait aussi analyser certaines caractéristiques des robots terrestres, notamment leur agressivité, leurs vulnérabilités, ou encore leur temps d’exécution de la mission.

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D’après de Boisboissel, quatre élèves ont développé le projet d’exercice de recherche appliquée en se basant sur trois scénarios qui sont une action offensive consistant à prendre un carrefour, une action de défense de jour puis de nuit, et enfin une action de combat urbain. Au cours de l’exercice, ces scénarios ont tout d’abord été joués uniquement par les élèves, puis dans un deuxième temps, avec l’aide de plusieurs robots.

Les robots testés

Pendant les journées d’exercice, l’entreprise Nexter a déployé son petit robot d’observation dénommé NERVA, ainsi qu’un drone terrestre lourd THeMIS du nom d’OPTIO 20, et qui est équipé d’un canon de 20 mm. A part cela, Nexter  a aussi présenté son nouveau robot tactique polyvalent qui fonctionne entièrement à l’électricité et qui est silencieux. Ce nouveau modèle s’appelle l’ULTRO, et selon les informations, il n’en existe qu’un seul exemplaire pour le moment. L’ULTRO est qualifié de modulaire et de multi-mission. Il est capable d’emporter une charge de 600 kg et peut aussi être équipé d’une arme.

De son côté, Shark Robotics a déployé son chien robot SPOT, le modèle que le partenaire de Boston Dynamics compte distribuer en Europe. Il s’agit du premier déploiement de SPOT en France. D’après Clément Levilly, commercial de Shark, ce robot est surtout vendu pour des applications civiles ou policières. Il a d’ailleurs aussi été testé pour des missions de décontamination anti-covid. Shark Robotics a aussi envoyé son autre robot BARRACUDA sur le terrain lors de l’exercice. Ce robot avait déjà défilé le 14 juillet 2019 à Paris. Il s’agit encore d’un modèle en développement et l’entreprise travaille actuellement sur la mise en place d’options comme l’imagerie, les pots fumigènes, ou encore un bouclier avant.

Les résultats de l’exercice

Par rapport aux résultats des tests, le sous-lieutenant Julien qui est chef de projet a indiqué que les robots présentaient un certain intérêt « pour le combat en milieu clos ». Il explique que les troupes se sentent plus sereines lorsque le robot est passé avant pour faire une reconnaissance. Toutefois, avec les robots, on met plus de temps à entrer en action.

Un des participants a aussi donné son avis en disant qu’il s’est fait tuer au cours de la phase de combat urbain sans robot. Cela s’est mieux passé quand les machines ont pris part à l’action. Ils ont cependant observé l’autonomie limitée des robots, notamment SPOT qui est tombé à court d’énergie en plein assaut.

Selon Gérard de Boisboissel, ce qui est important, c’est la capacité des élèves à tirer parti des potentialités des robots. L’utilisation de ces derniers nécessite également une phase de prise en main pour bien maîtriser les commandes. Il a ainsi conclu que l’utilisation des robots rend l’action un peu plus lente mais le principal c’est qu’avec ce genre d’équipement, on peut éviter les pertes humaines et les blessures.