L’art méconnu du Kintsugi, qui consiste à réparer des poteries avec de l’or

Le Kintsugi est une technique artistique japonaise qui consiste à réparer des poteries en porcelaine ou en céramique avec de l’or. Le résultat obtenu est tout à fait ahurissant. Les pièces cassées deviennent plus belles qu’elles ne l’étaient à l’origine. À noter que certains pays comme la Chine, le Vietnam et la Corée ont déjà recouru à cette pratique depuis des millénaires, même si elle est généralement associée au Japon.

Le mot « kintsugi » est un terme japonais qui signifie littéralement « jointure en or ». Au début, le concept, également connu sous l’appellation de « Kintsukuroi », était limité sur la réparation de vaisselles semblables à celles utilisées pour la Chanoyu, la cérémonie du thé. Son application s’est par la suite élargie sur différents objets au fil des années.

Une poterie japonaise

Photo de Motoki Tonn – Unsplash

Si elle semble moins connue dans le reste du monde, cette forme d’art reste très célèbre en Asie depuis des siècles. Le Kintsugi est une méthode à la fois surprenante et inspirante, notamment du fait qu’elle concilie art et philosophie.

Redonner vie aux objets cassés

Dans un sens plus large, le concept peut être appréhendé comme étant l’art d’embellir tout en réparant. Cette forme artistique de recyclage permet en effet de réattribuer de la valeur aux pièces brisées. Après la réparation, le produit final ressort parfois mille fois mieux que l’original.

Dans la culture nippone, cette pratique revêt d’un sens philosophique profond. Elle prône une idée de résilience ou de renaissance.

La légende raconte que l’origine du Kintsugi remonte au 15e siècle. L’histoire aurait commencé par un bol brisé, celui d’un shogun japonais nommé Ashikaga Yoshimasa. Pour le faire réparer, Yoshimasa aurait envoyé l’ustensile en Chine. Les artisans chinois auraient greffé le bol avec du métal disgracieux et le résultat l’aurait énormément déçu. Inspirés par la mésaventure d’Yoshimasa, les artisans de l’époque ont alors inventé une nouvelle technique de réparation beaucoup plus affinée en utilisant de l’or : le Kintsugi. Il existe une technique qui s’apparente au Kintsugi, appelée « maki-e ».

Des étapes à respecter

Le Kintsugi s’effectue en quelques étapes. Dans un premier temps, il faut rassembler les morceaux et les recoller avec une laque qui s’appelle « Urushi Lacquer ». Il s’agit d’une résine issue de la sève d’un arbre en Extrême-Orient. Néanmoins, l’extraction de cette laque suit un processus très rigoureux. Actuellement, c’est la technologie des polymères que l’on emprunte pour produire le matériau nécessaire au Kintsugi.

La résine obtenue est donc appliquée sur l’objet à réparer. On laisse sécher dans un climat hautement surveillé avant d’en rajouter une autre couche et ainsi de suite, jusqu’à ce que le remontage soit terminé.

La décoration est la phase la plus importante. Pour créer l’effet doré, il faut recourir à la poudre  d’or, qui sera imprégnée sur la dernière couche de laque. Faute de budget, l’or pourrait être remplacé par de la poudre d’argent, de platine ou tout simplement de la poudre pigmentée d’or.