Saviez-vous que l’utilisation de la larve de mouche bleue est approuvée par la FDA comme traitement médical ?

Vous ne vous en doutiez peut-être pas, mais l’utilisation de la larve de mouche bleue et de la sangsue, et uniquement ces deux animaux, est approuvée par la FDA comme étant des moyens reconnus dans le traitement médical ?

Ces procédés indolores sont aujourd’hui des alternatives que de nombreux spécialistes choisissent volontiers à l’instar des traitements médicamenteux ou chirurgicaux plus « agressifs » et parfois finalement vains.

Une mouche bleue

Photo de Sergio Cerrato. Crédits Pixabay

Mais il a fallu un an et demi à la FDA pour définir ces petits êtres comme dispositifs médicaux et ainsi régulariser leur utilisation.

Ces “repoussantes” petites bêtes qui nettoient

La larve de mouche bleue, l’insecte dont l’utilisation est approuvée par la FDA, va agir depuis l’extérieur de son hôte. Elle s’installe donc sur la chair morte, libère une enzyme digestive qui va liquéfier le tissu nécrosé et va se nourrir de ce dernier sans toucher au tissu sain. Cela favorise la cicatrisation de la plaie, tout en la nettoyant. La plaie doit quand même être recouverte d’un bandage.

Pour se nourrir, la sangsue se fixe sur la peau de son hôte via sa ventouse et ses trois mâchoires et va subtilement sucer son sang. Elle va pour ce faire lui injecter une substance anesthésique sur la zone pour que l’hôte ne ressente ni ne remarque sa présence. Elle inocule en outre à son hôte un anticoagulant qui va rendre le sang plus fluide.

Les praticiens ont donc longtemps profité de cette capacité naturelle de la sangsue pour vider certains blessures ou renflements dans lesquels le sang s’accumule sans circuler, une partie non oxygénée qui pourrait petit à petit mener à une nécrose locale.

Le retour en force des sangsues et des larves

Avec la venue de médications et autres traitements jugés plus « salubres » et moins repoussants, les soins pratiqués via ces petits êtres ont connu une dépréciation et ont progressivement été abandonnés… Jusqu’à ce que les bactéries commencent à évoluer et à développer une résistance aux médicaments.

Ainsi, dans les années 80, le Dr Ed Pechter, chef chirurgien résident à l’Université de Californie, préoccupé par cette problématique, invite Ronald Sherman, un collaborateur compétent en entomologie, à se pencher sur ces anciennes méthodes. Et des tests sur des patients aux cas que l’on croyait désespérés se sont révélés fructueux.

Au final, le parcours débouche en 2003 sur une approbation de l’utilisation des larves de mouches bleues, et des sangsues en 2004, par la FDA comme moyens de traitement médical reconnus.

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