L’astéroïde Ryugu immortalisé par Mascot

Certains types de comètes et d’astéroïdes constituent des vestiges de l’Univers Primitif. Il est important de les étudier, car les secrets qu’ils recèlent pourraient permettre de mieux comprendre la formation des mondes célestes et, probablement, l’origine de la vie. Ainsi, les agences spatiales ont déployé des sondes pour les examiner.

À titre d’exemple, citons la mission Rosetta de l’ESA et la mission Hayabusa2 de la Jaxa, l’analogue japonais de l’ESA.

CRÉDIT : MASCOT/DLR/JAXA

Hayabusa2 a pour mission d’étudier Ryugu, ou 1999 JU3. Il s’agit d’un astéroïde géocroiseur d’environ 920 mètres. La sonde a déjà réussi à recueillir des échantillons sur différents endroits de la roche céleste. Les fragments devraient être ramenés sur Terre l’année prochaine, pour être analysés.

En attendant, l’équipe responsable de la mission a partagé d’impressionnantes photographies de la surface de l’astéroïde. Les images ont été capturées par l’atterrisseur de la mission, appelé Mascot (Mobile Asteroid Surface Scout). Elles ont été publiées dans Science.

Une occasion de faire avancer les recherches

La composition de Ryugu présente des similarités avec celles des météorites appelées chondrites carbonées qui ont été retrouvées sur Terre. Il s’agit d’un indicateur de l’ancienneté de la roche.

L’équipe estime que les clichés devraient aider la communauté astronomique à mieux comprendre la formation de Ryugu. Par la même occasion, les chercheurs pourraient déceler certains chaînons manquants des modèles actuels sur les origines des planètes du système solaire et probablement de celle des exoplanètes.

Des informations importantes fournies par Mascot

D’après les données fournies par Mascot, la roche céleste est recouverte de deux types de roches. Les tailles de celles-ci varient entre 10 cm à 1 m. Certaines parties de la surface de l’astéroïde sont sombres et rugueuses, alors que d’autres sont brillantes et lisses.

D’après les chercheurs, cette différence pourrait signifier que Ryugu résulte de la collision entre deux astéroïdes de compositions différentes. Ceux-ci se seraient formés à des distances différentes du Soleil il y a plus de 4,5 milliards d’années. Leurs débris auraient été rassemblés sous l’effet de la gravité pour ne former qu’un seul objet.

Il s’agit d’un constat important, parce que, si c’est bien le cas, Ryugu pourrait être résistant à certains chocs, comme celui d’un impacteur. Rappelons qu’il s’agit de l’une des stratégies envisagées pour dévier l’orbite d’un éventuel astéroïde qui risque de percuter la Terre. Elle ne serait donc pas efficace sur les astéroïdes ayant les mêmes propriétés que celui-ci.

Mascot a également conduit à une énigme. Selon le modèle actuellement établi, Ryugu a été exposé à une érosion spatiale causée par les micrométéorites et une accrétion de la poussière interplanétaire. Normalement, ces phénomènes auraient dû laisser une couche de poussière à sa surface. Or, ce n’est pas le cas.

Les scientifiques pensent que l’apparition de forces électrostatiques ou l’évaporation d’une certaine quantité d’eau autrefois présente dans l’astéroïde aurait pu être à l’origine de cette anomalie. En tout cas, il faudrait entreprendre d’autres études pour confirmer ces hypothèses.

Mots-clés astéroïdesryugu