L’astronomie en danger à cause des mégas constellations de satellites

Il y a encore quelques années, il y avait environ 2600 satellites artificiels en orbite autour de notre planète. Sur cent photos prises depuis les télescopes disséminés à travers le monde, il y a toujours une image qui capture le passage de l’un d’entre eux. Cependant, entre mai 2019 et septembre 2020, la firme spatiale SpaceX a mis en orbite quelques centaines de corps célestes, pesant chacun 227 kilos.

Pour l’astronomie, c’est une véritable pollution visuelle qui met en danger la profession. Le projet Starlink a déjà gâché de nombreuses images prises par le télescope panoramique de l’université d’Hawaï. Si à cet instant précis une météorite se dirigeait vers la terre, les observateurs de l’espace l’auraient manqué. En plus, ce n’est que le début d’un projet qui espère aboutir à une véritable constellation composée de milliers d’éléments.

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Un retour en arrière n’est malheureusement pas dans la ligne de mire des investisseurs, d’autant plus que les concurrents se multiplient pour conquérir l’espace le plus vite possible.

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La croissance inévitable du nombre de satellites

L’entreprise d’Elon Musk a déjà à son actif plus de 700 satellites en orbite autour de la terre, lancés dans le but très noble de fournir l’Internet haut débit à des zones isolées. L’homme fort de Tesla avait annoncé que sa constellation artificielle serait composée de 12 000 unités dans quelques années. Cependant, ce chiffre aurait été revu à la hausse, pour atteindre les 42 000 appareils.

De son côté, une entreprise située à Londres, appelée OneWeb, a obtenu l’autorisation pour le lancement de 1280 satellites. Son intention est d’arriver au final à placer 48 000 modules. Amazon est également dans la course, avec le projet Kuiper qui compte pas moins de 3236 orbiteurs. Megan Donahue, astronome de l’université du Michigan, déclare que cette situation est « effrayante » pour ses collègues.

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Les entreprises cherchent encore des solutions

Les opérateurs concernés cherchent des solutions pour minimiser le photobombage des images prises par les télescopes. La société londonienne citée plus haut a par exemple choisi une trajectoire située à 1200 kilomètres d’altitude, pour que la lumière visible depuis la terre soit réduite. La constellation Starlink culmine seulement à la moitié de cette hauteur (550 km), mais les ingénieurs de la compagnie essaient différents dispositifs qui devraient permettre d’atténuer la réflexion des rayons du soleil sur les parties brillantes de leurs objets spatiaux.

Pour l’instant, aucune proposition ne semble satisfaire pleinement les chercheurs en astronomie. Un objet à une altitude plus élevée reste plus longtemps dans le champ de vision, tandis que les systèmes destinés à cacher la lumière n’ont pas encore prouvé leur efficacité.

Le directeur de l’Observatoire de Lowel, Jeff Hall, suggère de changer l’orientation des satellites pour réduire leur éclat, mais le problème reste malheureusement entier.

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