Le biohacking ou la recherche du sur-homme

Les biohackeurs s’attèlent pour augmenter les performances humaines, en l’occurrence les performances biologiques, spécifiquement immunitaires, cognitives, etc. Cette amélioration se base sur les nanotechnologies, la robotique, l’intelligence artificielle ou la génétique.

L’expansion du biohacking permettrait au marché de rapporter d’ici 2025 des profits estimés à 2.3 milliards de dollars.

Cerveau

Le biohackeur Patrick Kramer est à la tête de Digiwell, une entreprise spécialisée dans la conception de micropuces corporelles, un procédé généralement appelé piratage corporel. Kramer lui-même a trois implants dans les mains, des puces lui permettant d’ouvrir la porte, de stocker des dossiers médicaux ou de partager ses coordonnées.

Patrick Kramer est fier d’avoir implanté autour de 2 000 puces en 18 mois. L’expert l’est aussi de faire de ses clients, grâce à ces micropuces, des « cyborgs. » Des cyborgs, il y en aurait environ 100 000 dans le monde.

Les domaines d’application du biohacking

Les entreprises comme Digiwell se focalisent essentiellement sur la conception d’implants. Si d’autres laboratoires sont en avance dans la conception de membres bioniques, on observe par ailleurs un intérêt grandissant pour les connexions ordinateur-cerveau. Ces acteurs sont littéralement en train de fabriquer et de tester un nouvel humain.

Les avancées en matière de biohacking sont prometteuses dans de nombreux domaines, en particulier la santé, la défense ou le sport.

Les biohackeurs sont aussi en train de devenir des acteurs incontournables dans la conception de nouvelles technologies, dont la robotique ou l’intelligence artificielle. Le spécialiste de l’éthique des machines, Olivier Bendel, est convaincu que l’expansion du biohacking ne fait que commencer et qu’elle est inexorable.

Les questions éthiques qui se posent

Les laboratoires spécialisés dans le biohacking conçoivent des technologies dont l’utilisation dépasse largement le cadre thérapeutique. Certains craignent que les profits des industriels ne l’emportent presque entièrement sur les questions éthiques. En tout cas, le débat est houleux à ce sujet.

L’autre inquiétude est de nature sociétale. Les professionnels qui tiennent dur comme fer à l’éthique craignent que les laboratoires, à terme, ne créent deux classes d’homme. Il y aurait, selon eux, « les naturels et les artificiels. »

Mots-clés biohacking