Le Britannic, le frère du Titanic au même destin tragique

Le célèbre Titanic a fait naufrage dans la nuit du 14 au 15 avril 1912 dans l’Océan Atlantique. Il était l’un des trois navires jumeaux de la classe Olympic, une catégorie de paquebots transatlantiques britannique mise en service pour la White Star Line de 1911 à 1915.

Dans la lignée de l’Olympic et du Titanic, le HMHS Britannic a été mis en service le 23 décembre 1915. Il n’a jamais connu de carrière commerciale, car il a tout de suite été réquisitionné par la marine britannique pendant la Première Guerre mondiale.

Il a ainsi servi en tant que navire-hôpital avant de connaître lui aussi un destin tragique un an plus tard.

Un mastodonte dans la lignée du Titanic

Il présentait des caractéristiques similaires à celles du Titanic, en étant même plus long de six mètres grâce à ses 275,6 mètres. En 1907, la construction de trois paquebots démesurés est décidée pour concurrencer les Lusitania et Mauretania, fleurons de la Cunard Line. Tout comme le Titanic, il possédait les quatre cheminées spécifiques.

Lors de sa construction, des modifications sécuritaires ont été effectuées suite au naufrage du Titanic, comme une double coque et des canots de sauvetage supplémentaires. Une brochure mettant en avant la sécurité du navire a été diffusée pour contrer la  « mauvaise pub » causée par le Titanic.

Sa mise en service a plusieurs fois été repoussée, mais c’est finalement la marine britannique qui le réquisitionne alors même qu’il n’est pas achevé le 13 novembre 1915. Il servira au rapatriement des soldats blessés sous le nom d’HMHS Britannic. Il devait auparavant s’appeler Gigantic, mais le nom a été jugé trop orgueilleux dans le contexte historique.

Transformé en navire-hôpital, il subit quelques modifications, notamment au niveau de sa coque qui est repeinte en blanc avec trois croix rouges sur chaque côté, éclairées par des ampoules. Il avait une capacité colossale de… 3 309 lits et disposait de plusieurs salles d’opération.

Le Britannic tel qu’il aurait dû être

À son bord, l’équipe médicale était composée de 101 infirmières, 336 sous-officiers et 52 officiers, ainsi qu’un équipage de 675 personnes. Le chef chirurgien, John C.H. Beaumont, déclare même que le Britannic est « le plus merveilleux des navires-hôpitaux qui ont navigué. »

La croisière médicale

Le 23 décembre 1915, le navire prend la direction du port de Moudros en mer Égée afin de rapatrier des soldats malades ou blessés. Il retrouve ainsi d’autres paquebots, comme le Mauretania, l’Aquitania, ou l’Olympic, son sister-ship, qui officie quant à lui en tant que transport de troupes.

Le Statendam se joint à eux pour former une équipe capable de transporter 33 000 hommes et 17 000 blessés. Le Britannic effectue son voyage jusqu’à Moudros puis revient en Angleterre le 9 janvier 1916 avec 3 000 soldats à son bord qui seront hospitalisés dans les établissements londoniens.

Par la suite, deux autres voyages auront lieu, où il passe quatre semaines en tant qu’hôpital flottant au large de l’île de Wight. Le 6 juin 1916, ses services ne sont plus jugés utiles et le navire est modifié à partir du 6 juin 1916 pour servir en tant que paquebot transatlantique, sa fonction première.

Finalement, l’Amirauté britannique le rappelle le 28 août 1916, pour deux voyages supplémentaires, le 24 septembre et le 09 octobre. Mais lors du retour, le chanteur d’opéra autrichien Aldebert Messany, embarqué à bord, constate la présence de soldats britanniques en uniforme. Il s’empresse de rapporter l’information à son gouvernement.

La sixième traversée sera l’ultime voyage. Débutée le 12 novembre 1916, elle se déroule sans encombre jusqu’au 21 novembre aux alentours de 8 heures 12. À ce moment-là, le navire subit une explosion entre l’île de Kéa et l’îlot de Makronissos, ce qui provoque une brèche à l’avant de la coque sur le côté droit.

10 000 tonnes d’eau se sont engouffrées en seulement deux minutes. Les nombreux hublots ouverts des niveaux inférieurs ont accentué la gîte sur tribord et accéléré l’inondation du navire. La prise de conscience de la gravité de l’accident a été immédiate à son bord, contrairement au déni qui a perduré sur le Titanic.

Sur les 1125 personnes présentes à bord, le naufrage cause la mort de 30 passagers et fait 45 blessés. Les hélices à fleur d’eau provoquent une aspiration tragique pour de nombreux canots, avant que l’équipage ne parvienne à stopper leur fonctionnement.

Et comble de l’histoire, à bord du Britannic se trouvaient deux survivants au destin très étonnant. En effet, ils ont tous les deux servi sur les trois navires de la classe Olympic, et ont ainsi vécu leurs trois accidents. Il s’agit de l’infirmière Violet Jessop et d’Arthur John Priest, un chauffeur.

Ils étaient tous les deux à bord de l’Olympic lorsqu’il a percuté le Hawke (navire de guerre britannique) en 1911 puis sur le Titanic lors de son unique périple. Priest, quant à lui, s’est ensuite retrouvé durant la guerre à bord de l’Alcantara et du Donegal qui ont tous les deux… coulés.

Il aura ainsi survécu à cinq accidents maritimes de grande ampleur. Chat noir, chanceux… ?