Le chercheur à l’origine des bébés génétiquement modifiés a suspendu ses recherches

Récemment, le MIT et l’AP ont rapporté qu’un scientifique chinois, He Jiankui, a affirmé avoir créé les premiers bébés génétiquement modifiés. Celui-ci a souligné que son objectif était simplement de lutter contre le SIDA en désactivant le gène par lequel le VIH peut entrer dans l’organisme.

Il s’agirait également de donner une chance aux personnes séropositives d’avoir des enfants non sidéens. Ses allégations ont toutefois choqué nombre de chercheurs du monde entier.

Bébé IA

Mercredi dernier, le chercheur de formation américaine a eu l’occasion de présenter et de défendre publiquement son projet. A l’occasion du second sommet international sur l’édition du génome humain, il a été assisté et interrogé par des centaines de scientifiques intrigués.

Il a déclaré que, actuellement, les recherches ont été suspendues en raison de l’affluence des critiques.

L’audacieux chercheur a, cependant, profité de la même occasion pour annoncer qu’une autre grossesse est en cours. En fait, les deux bébés génétiquement modifiés seraient déjà nés, il y a deux semaines, et ce seraient des filles.

Des risques de mutations ou ruptures chromosomiques

Le biologiste chinois a consacré vingt minutes de son exposé pour la justification de ses essais cliniques. Il a explicité les procédés auxquels il a recouru pour modifier les gènes des embryons humains à partir de la technique appelée Crispr-Cas9.

He a illustré ses explications par des schémas. Le scientifique a noté qu’il a d’abord effectué des expérimentations en laboratoire sur des animaux avant de les entamer sur des humains. Il a précisé que les deux filles seront suivies médicalement avant leur âge adulte.

Rappelons que le souci dans l’utilisation de la Crispr-Cas9 est, en fait, que ses impacts ne sont pas encore parfaitement maîtrisés. Il y a, en effet, des risques de mutations ou ruptures chromosomiques dans des zones non ciblées.

Les parents seraient conscients des risques

He aurait trouvé les volontaires de l’expérience à travers des associations de lutte contre le SIDA. Il les a décrits comme « hautement éduqués » et « conscients des risques ». Ils auraient consenti à l’implantation en toute connaissance de cause. Ils auraient également pu « poser des questions tout au long du processus ». Au total, vingt-et-un embryons auraient été recueillis.

« Les parents, volontaires, ont été informés des risques posés par l’existence d’un « off-target » dans l’un de deux embryons et ont décidé de l’implanter », a assuré l’auteur de l’expérience.

He a maintes fois été qualifié d’ « irresponsable » par ses homologues. Pour l’instant, « une pause est observée dans les essais du fait de la situation », a-t-il annoncé. « Un article est prêt à être soumis à une revue scientifique ».

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