Le CNES va mettre le cap sur Mars et Mercure

Le CNES affiche de solides ambitions pour les années à venir. Le Centre national d’études spatiales a en effet profité de ses vœux à la presse pour évoquer ses prochains projets et ces derniers mettront le cap vers pas moins de deux planètes différentes : Mars et Mercure.

La France est connue pour sa gastronomie, son fromage ou son vin, mais l’hexagone se passionne également beaucoup pour l’espace et les autres mondes peuplant notre système.

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Elle le prouve d’ailleurs tous les ans ont accordant une part importante de son budget au CNES.

CNES : un budget en augmentation en 2018

L’année 2018 ne dérogera pas à la règle et le centre national a ainsi confirmé une importante hausse de son budget, une hausse atteignant les 5 % pour se hisser à 2,438 milliards d’euros. Ce qui représente entre 38 et 39 euros par habitant, soit la somme la plus importante après les États-Unis.

Le CNES compte mettre à contribution cette manne providentielle pour financer plusieurs de ses missions, des missions extrêmement ambitieuses.

Ces dernières seront au nombre de trois : une mission américano-française à destination de Mars, une mission européano-japonaise en direction de Mercure et une mission franco-chinoise consacrée à la Terre.

La première sera donc portée par la France et les États-Unis et elle ouvrira le bal avec un lancement programmé pour le mois de mai. L’hexagone fournira l’instrument principal de la mission, soit le sismomètre SEIS. Développé par le CNES avec le concours de l’Institut de physique du globe de Paris, l’Institut fédéral suisse de technologie, l’Institut Max Planck, le Collège Impérial, le JPL et l’Institut Supérieur de l’Aéronautique et de l’Espace, ce dernier aura principalement pour but de prendre des mesures précises des activités internes de la planète rouge.

Trois missions en préparation

Grâce à cet appareil, les scientifiques de la mission devraient donc être en mesure de mieux comprendre la structure interne de la planète et de récupérer des données portant sur la croûte et le manteau martien.

D’après les simulations effectuées, le déploiement de l’appareil devrait avoir lieu dès le mois de novembre.

Plus tard dans l’année, le CNES lancera une autre mission en partenariat avec la JAXA. Elle aura pour but d’envoyer deux sondes en direction de la planète Mercure pour l’étudier. Le voyage sera très long et il faudra attendre environ sept ans avant que les appareils ne s’insèrent dans son orbite.

La dernière mission se focalisera sur notre propre planète et elle sera portée à la fois par la France et la Chine. Elle s’appuiera sur un satellite développé par les deux puissances et elle aura principalement pour but d’étudier la longueur d’onde des vagues et la force des vents afin de mieux prévoir les tempêtes et les cyclones.

Et un lanceur réutilisable en prime

Jean-Yves Legall, le président du CNES, a également été amené à évoquer les missions lunaires durant son allocution. Selon lui, notre satellite ne présente plus beaucoup d’intérêt sur le plan scientifique puisque nous avons rapporté des tonnes d’échantillons sur la Terre au fil de ces dernières années.

L’homme a également profité de l’occasion pour évoquer un autre projet tout aussi ambitieux. La France compte en effet s’associer avec les Allemands et les Japonais afin de développer un lanceur réutilisable du nom de Callisto. Le CNES, le DLR et la JAXA ont même débloqué un budget de cent millions d’euros afin d’entamer le développement de l’appareil et les premiers essais sont programmés pour 2020.

La fusée testée mesurera environ 13 mètres de hauteur et elle pèsera 3,6 tonnes au décollage. Elle aura pour objectif de s’élever à 35 km d’altitude avant de revenir se poser sur la terre ferme. Les agences comptent ensuite le réutiliser cinq fois, l’idée étant bien évidemment de réduire les coûts de lancement tout en offrant une alternative solide au lanceur de SpaceX.