Le coût de la virilité

De nos jours, la virilité ça claque, ça fait vibrer… mais beaucoup de gens ignorent l’envers du décor. Oui, parce que figurez-vous qu’il y en a bel et bien un : la virilité aurait en fait un prix !

L’historienne française Lucile Peytavin en parle sans tabou dans son livre « Le coût de la virilité ».

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Dans son bouquin, Lucile Peytavin nous fait prendre conscience sur ce qu’implique vraiment cette « culture » de la virilité dans la société. Eh bien, tenez-vous bien parce que rien qu’en France, la virilité coûterait chaque année presque 100 milliards d’euros au gouvernement…

Mais comment ça, un coût ?

Le livre de Lucile Peytavin indique que les prisons françaises sont occupées à plus de 95 % par des hommes, tandis que ces derniers représentent 90 % des condamnés de justice. Et ce n’est pas tout, car les chiffres avancés par le bouquin vont encore plus loin : les hommes seraient au fait à l’origine de presque 100 % des viols et violences sexuelles, mais aussi de plus de 90 % des vols de véhicules, presque 100 % des incendies volontaires et 90 % des destructions et dégradations.

Mais quel rapport avec les 95 milliards cités plus haut ?

Eh bien, le fameux coût de la virilité implique les dépenses liées aux forces de l’ordre, de justice, mais aussi de services de santé en ce qui concerne le gouvernement. La société n’est pas en reste, car les souffrances physiques et psychologiques des victimes ne sont pas sans conséquences financières avec la destruction des biens, la baisse de productivité des victimes en tant qu’employé…

Une norme, une éducation…

Chercheuse au Laboratoire de l’égalité depuis 2016, Lucile Peytavin s’est penchée sur cette « culture » de la virilité qui est inculquée très tôt selon elle. Elle parle de « codes virilistes » qui commencent dès l’enfance dans les foyers, à l’école…

« En 2021, il semble encore difficile d’offrir un tee-shirt rose à un petit garçon […] Ce n’est qu’un tee-shirt, mais c’est révélateur des résistances autour de la question de la virilité, parallèle à la dévalorisation des éléments dits ‘féminins’ auprès des petits garçons », peut-on lire dans le bouquin.

Pour l’historienne, une prise de conscience s’impose, la virilité ne devrait pas être considérée comme une simple « norme ». Selon elle, il faut arrêter de penser que ces comportements violents « font partie de leur nature, que les garçons et les hommes sont comme ça et qu’on ne pourra rien y faire ».

Pour ceux qui ont envie d’en savoir plus, « Le coût de la virilité » de Lucile Peytavin est paru aux éditions Anne Carrière. Le livre est disponible en librairie depuis le 5 mars.