Le Covid-19 était peut-être déjà en nous avant la pandémie, du moins d’après cette étude

Alors que le COVID-19 continue sa progression dans le monde, semant la terreur sur son passage, les scientifiques essaient de déterminer l’origine du coronavirus SARS-CoV-2.

Difficile pourtant de dire avec certitude à ce stade d’où est parti le virus. Mais une nouvelle analyse scientifique écarte encore un peu plus l’hypothèse selon laquelle le COVID-19 serait une maladie fabriquée en laboratoire.

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Nous avions peut-être déjà le COVID-19 en nous

L’étude, menée par des scientifiques des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’Australie, explore des possibilités intéressantes quant à l’origine du nouveau coronavirus. D’après l’un des scénarios de l’étude, le SARS-CoV-2 a peut-être circulé un certain temps au sein des populations humaines, sans causer de dommage, avant de devenir la pandémie meurtrière que nous connaissons aujourd’hui.

“Il se peut qu’un ancêtre du SRAS-CoV-2 soit apparu chez l’homme, puis a acquis [de nouvelles caractéristiques génomiques] par le biais d’une adaptation au cours d’une transmission interhumaine non détectée”, écrit l’équipe dans l’étude. “Ces adaptations une fois acquises auraient permis à la pandémie de décoller et de créer un nombre suffisamment important de cas.”

L’équipe de scientifiques s’est appuyée sur les données génomiques disponibles du SARS-CoV-2 et d’autres coronavirus similaires pour démontrer que les sections du domaine de liaison au récepteur (RBD pour Receptor Binding Domain) des protéines de pointe du SARS-CoV-2 étaient si efficaces pour accrocher les cellules humaines, qu’elles ne pouvaient  être que l’œuvre de la sélection naturelle.

Deux hypothèses pour expliquer la sélection naturelle du SARS-CoV-2

L’équipe a exploré deux hypothèses viables qui pourraient expliquer la métamorphose fatale du SARS-CoV-2. La première hypothèse est que la sélection naturelle a eu lieu chez un animal hôte avant que le virus ne soit transmis à l’homme. Selon l’équipe, si des échantillons de coronavirus chez les pangolins et les chauves-souris ont montré des génomes similaires, ni l’un ni l’autre ne s’intègre parfaitement pour l’instant.

L’autre hypothèse est que la sélection naturelle s’est produite alors que le virus se trouvait déjà chez l’homme, transmis par un hôte animal. Ensuite, des changements évolutifs progressifs au fil des années voire des décennies ont permis au virus d’acquérir finalement la capacité de se propager d’humain à humain et de créer la pandémie actuelle.

Les chercheurs pensent que davantage de preuves permettront peut-être de faire pencher la balance en faveur de l’une ou l’autre des deux hypothèses. Mais il faudra encore attendre pour cela.