Le Covid-19, une chimère née de deux virus différents ?

Tandis que la pandémie de COVID-19 continue de se propager dans le monde, les scientifiques tentent de leur côté d’en savoir plus sur le virus, notamment son origine. Si certaines personnes soupçonneuses pensent que le virus a été fabriqué en laboratoire, plusieurs études scientifiques publiées récemment tendent à rejeter cette hypothèse.

Une nouvelle étude offre quant à elle une tout autre explication de l’origine du SRAS-CoV-2 : celle d’une chimère née de deux virus différents.

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Deux virus ayant des similitudes intrigantes avec le SRAS-CoV-2

L’hypothèse la plus probable concernant l’origine du SRAS-CoV-2 (le virus du COVID-19) est qu’il a été transmis à l’homme par un hôte animal, la chauve-souris ou le pangolin d’après les recherches actuelles.

Le 7 février 2020, on a appris qu’un virus encore plus proche du SRAS-CoV-2 (avec une concordance génomique de 99%) avait été découvert chez le pangolin. Ce qui en fait un réservoir plus probable que la chauve-souris. Toutefois, une étude récente montre que le génome du coronavirus isolé chez le pangolin malaisien (Manis javanica) n’a que 90% de concordance génomique avec le SRAS-Cov-2. Preuve que le virus isolé chez le pangolin ne peut pas être à l’origine de la pandémie actuelle.

En fait, le coronavirus du pangolin est similaire à 99% au SRAS-CoV-2 dans une région spécifique de la protéine S, qui correspond au domaine de liaison du récepteur ACE2 (L’enzyme de conversion de l’angiotensine 2), qui permet au virus de pénétrer dans les cellules humaines pour les infecter.

Par ailleurs, le virus RaTG13 isolé chez la chauve-souris R. affinis est très différent du SRAS-CoV-2 dans cette région spécifique, avec seulement 77% de similitude. En d’autres termes, le coronavirus de la chauve-souris R. affinis n’est pas capable d’entrer dans les cellules humaines, contrairement à celui du pangolin.

Une chimère née d’un mécanisme de recombinaison ?

Selon la nouvelle étude, ces comparaisons génomiques indiquent que le virus SARS-Cov-2 pourrait être le résultat d’une recombinaison entre deux virus différents, l’un proche du virus du pangolin et l’autre plus proche du RaTG13. Autrement dit, le virus du COVID-19 serait une chimère issue de deux virus préexistants.

Il faut noter que pour que la recombinaison se produise, les deux virus parents doivent avoir infecté le même organisme simultanément. Le résultat de leur recombinaison est alors un nouveau virus potentiellement capable d’infecter une nouvelle espèce hôte.

Pour confirmer définitivement cette hypothèse, les scientifiques vont devoir déterminer l’organisme dans lequel cette recombinaison a eu lieu (un pangolin, une chauve-souris, ou une autre espèce), et les conditions dans quelles elle s’est produite.