Le Deepfake a franchi un nouveau cap et ce n’est pas une bonne nouvelle

L’évolution de la technologie de l’intelligence artificielle a rendu possible l’action de coller le visage générique d’une personne sur le corps d’une star de la pornographie. Cette technique est appelée « deepfake » ou « hypertrucage ». Une autre technologie permet également de générer un avatar en 3D inspiré d’une personne réelle.

Un passionné du « deepfake porn »  a eu l’idée de combiner les deux méthodes afin d’aboutir à un résultat beaucoup plus réaliste.

Facepalm

Crédits Pixabay

Cette personne est l’un des fondateurs d’une communauté en ligne populaire de deepfake. À travers le logiciel Virt-A-Mate (VaM), il a créé du contenu pour adultes non consensuel.

Concrètement, l’utilisateur du programme peut choisir le visage de la personne qu’il désire et le mettre sur le corps généré en 3 D.

Cette nouvelle technique apporte plus de réalisme à la fausse pornographie et largement plus de contrôle sur le corps numérique du sujet de fantasme. Elle reste toutefois controversée, notamment du point de vue éthique.

Un long menu de positions de sexe

Pour vivre l’expérience, l’intéressé doit se munir d’un casque de réalité virtuelle et se connecter à VaM. Il peut se déplacer autour du corps nu de la personne fictive. Il peut la manipuler comme il le souhaite.

L’interface de contrôle du programme affiche un long menu de positions de sexe, comme « s’accroupir » et plusieurs versions de l’agenouillement. Les personnes générées en 3 D peuvent être articulées et animées.

De nombreux internautes ayant vécu l’expérience ont réclamé plus de vidéos du même genre et commandé des célébrités spécifiques. Certains d’entre eux ont également soulevé le potentiel commercial de cette forme évoluée de la fausse pornographie. « Je pense que c’est très intéressant et que ça se vendrait comme des petits pains si jamais quelqu’un décidait de commercialiser cette idée », a écrit l’un d’eux.

Une nouvelle forme de délit sexuel ?

Il est à noter que cette technologie peut être utilisée dans des domaines comme la fantaisie et l’exploration consensuelle de sa sexualité. Carrie Goldberg, propriétaire du cabinet d’avocats C.A. Goldberg, PLLC et auteur de Nobody’s Victim : Fighting Psychos, Stalker, Pervs & Trolls, a fait référence à une nouvelle forme de viol. « Au fond, c’est un produit qui joue la violation du consentement sexuel. Toute personne représentée va se sentir violée », a-t-il affirmé à Motherborad. Son argument est qu’il ne fait « aucun doute que la construction d’un robot pour violer en RV cause une blessure différente à la personne représentée que d’aller l’attaquer. »

De son côté, le créateur du programme a soutenu que l’hypertrucage ne devrait poser aucun problème éthique, car les contenus sont tout simplement faux. « S’il y avait un bannissement mondial des deepfakes, j’arrêterais d’en faire, mais cela n’arrivera pas, nous avons des problèmes plus urgents à résoudre parce que même sans fausses nouvelles, les gens sont manipulés tous les jours », a-t-il souligné.

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