Le deepfake pose aussi problème aux cartographes et géographes

Le deepfake a fait couler beaucoup d’encres ces dernières années. Pour rappel, cette technologie apparue en 2017 permet de détourner le contenu d’une photo ou d’une vidéo. Dans la plupart des cas, le deepfake est utilisé pour faire du tords aux gens en les mettant en scène dans des situations embarrassantes.

Les experts en cybersécurité sont nombreux à tirer la sonnette face au deepfake et ce,  à juste titre. Sur la toile, certains se servent de cette technologie pour créer de faux nudes sur lesquels apparaissent des mineurs. Cependant, le deepfake ne cible pas uniquement les gens. D’après nos confrères du site The Verge, cette technologie peut également servir à truquer les images satellites.

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Les géographes et les cartographes en sont conscients et cela les inquiète.

Une technologie utilisée pour créer des canulars

Peu de gens y pensent, mais le deepfake peut être utilisé pour modifier les informations d’une carte. Selon les experts, des personnes mal intentionnées peuvent avoir recours à cette technologie pour créer des canulars sur des feux de brousse ou encore des inondations. Le deepfake peut même discréditer des témoignages qui s’appuient sur des images satellites bien réelles.

Le site The Verge a pris l’exemple des camps de concentration Ouïghours en Chine. Dans cet article, nos confrères expliquent que le gouvernement chinois pourrait très bien se protéger en expliquant que ces camps proviennent d’images satellites truquées grâce au deepfake. Pour les experts, cette technologie peut même représenter un danger pour la sécurité nationale.

Les experts tirent la sonnette d’alarme

Des chercheurs de l’Université de Washington ont réalisé une étude qui vise à alerter les autorités sur le danger du deepfake lorsqu’il est utilisé pour truquer des images satellites. Bo Zhao, l’auteur principal de cette étude, a indiqué que cette technologie peut même avoir un impact sur les stratégies militaires. Ces déclarations rejoignent celle de Todd Myers, un analyste travaillant pour le National Geospatial-Intelligence Agency.

« Donc, d’un point de vue tactique ou de la planification d’une mission, vous entraînez vos forces à suivre une certaine route, vers un pont, mais vous vous rendez compte qu’il n’existe pas. Ensuite, il y a une grosse surprise qui vous attend », a expliqué Todd Myers.

Pour limiter les impacts de cette technologie, Bo Zhao propose de « démystifier la fiabilité absolue des images satellitaires et de sensibiliser le public à l’influence potentielle du deepfake géographie. »

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