Le FBI a utilisé des photos provocantes de ses agents pour débusquer des prédateurs sexuels

Parfois, pour profiler ou appâter les suspects, les agents du FBI (Federal Bureau of Investigation) se mettent littéralement dans leur peau. Cette pratique, souvent illustrée dans la culture hollywoodienne, n’est pas nouvelle au sein de cette institution américaine. Aussi dangereuse soit-elle, elle est d’une efficacité incontestable. Toutefois, les criminels étant de plus en plus avisés, les agents d’infiltration se voient obligés d’affiner davantage leurs méthodes.

Le problème est que certaines techniques utilisées dans les opérations d’infiltration sont controversées. Dernièrement, un rapport du Bureau de l’Inspection générale a révélé que des agents du FBI ont utilisé des photos de membres du personnel de bureau féminin comme appât pour attraper des prédateurs sexuels.

Une femme en noir et blanc
Image par Engin Akyurt de Pixabay – image recadrée

Et bien que les agents leur auraient demandé des photos « provoquantes », les jeunes femmes appartenant au personnel de soutien du FBI étaient habillées et leur visage était flouté. Le rapport a néanmoins alerté sur les dangers que pourrait représenter cette méthode.

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Une issue de dernier recours ou une pratique courante ?

L’enquête a été ouverte pour vérifier si un agent spécial masculin entretenait des relations inappropriées avec une collège. Il lui aurait demandé des photos sexy pour une mission d’infiltration en ligne.

Selon les conclusions, des AS (agents spéciaux) « utilisaient parfois des photos de jeunes femmes employées de soutien pour se faire passer pour des enfants mineurs ou des travailleuses du sexe afin d’attirer les prédateurs ».

Il n’est pas précisé dans le document s’il s’agit de cas isolés ou alors d’une pratique courante au sein du FBI. En outre, le rapport n’accuse pas les agents d’avoir utilisé les photos sans le consentement de leurs collègues. Toutefois, il précise que cette méthode est dangereuse, car les membres du personnel de soutien ne sont pas qualifiés pour ce genre de mission. Ces femmes risqueraient ainsi de devenir les victimes de délits sexuels si ces photos sont copiées, partagées et exploitées par des personnes malintentionnées.

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Plus de 9 200 prédateurs sexuels arrêtés par le FBI en 2021

Notons que la politique du FBI n’exclut pas totalement le fait d’utiliser le personnel de soutien dans le cadre d’une opération d’infiltration.

Le règlement précise néanmoins que l’opération doit être approuvée par l’agent spécial en charge, s’il estime que c’est « absolument nécessaire ».

Le Bureau fédéral admet même publiquement, sur son site web, agents utilisent souvent de faux personnages sur les médias sociaux pour attraper des prédateurs sexuels. Cette technique serait particulièrement efficace. Au cours de l’année 2020, plus de 9 200 suspects ont été arrêtés pour avoir commis des crimes sexuels sur des enfants via internet.

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