Le FBI a voulu placer Facebook Messenger sur écoute, l’ACLU demande des comptes

Aux USA, une affaire impliquant le FBI fait actuellement les choux gras de la presse. Un groupe de défense des libertés civiles, l’American Civil Liberties Union (ACLU), a découvert et a révélé que le FBI a exigé de pouvoir accéder aux appels sur Facebook Messenger.

Le bureau fédéral n’est certes pas parvenu à ses fins, Facebook ayant refusé sa « demande, », mais la tentative a quand même choqué l’ACLU. Le groupe a déposé le 28 novembre 2018 une requête auprès de la Cour fédérale de la Californie. L’union exige que le FBI s’explique sur les raisons de cette demande d’écoute des conversations vocales sur Messenger.

L’affaire a été largement relayée par les médias. Contactés par le site The Next Web, Facebook et le FBI ne se sont pas encore exprimés sur le sujet.

Que sait-on sur l’affaire ?

Dans un communiqué, l’ACLU argumente que « Le public a le droit de connaître le raisonnement juridique qui a tranché cette affaire, à savoir quelle autorité le ministère de la Justice a cru devoir contraindre Facebook à saper son infrastructure de sécurité. »

Selon les informations rapportées par le groupe, le FBI et le ministère de la Justice auraient ordonné à Facebook de « décrypter » les appels effectués sur Facebook Messenger. La « demande » aurait été effectuée dans le but de traquer et surveiller les membres d’un gang originaire de Los Angeles, le MS-13, qui est accusé de crimes particulièrement violents.

Facebook a refusé de plier devant le FBI

Face à la demande du FBI, Facebook aurait fermement refusé de déchiffrer les appels en question. L’opération impliquerait la réécriture d’une grande partie du code de l’application Facebook Messenger. Cela aurait également contraint le réseau social à « pirater » ses propres utilisateurs, ce qui est tout bonnement inacceptable.

Le gouvernement avait alors poursuivi Facebook en justice, mais le juge avait rejeté la demande du FBI, une demande visant à punir la plateforme pour son refus de « coopérer » avec les forces de l’ordre.

Malgré cette victoire, l’ACLU estime qu’il est très important de rendre publics les arguments utilisés par le FBI pour forcer la société de Mark Zuckerberg à lui permettre d’accéder aux conversations privées des utilisateurs de l’application de messagerie Messenger.

Pour rappel, Apple avait déjà connu une situation plus ou moins similaire en 2016, mais tout comme Facebook, la marque à la pomme avait refusé de céder à la pression des autorités.