Le fossile de la main de l’Ardipithecus ramidus nous en apprend beaucoup sur l’évolution des premiers hominiens

Des scientifiques ont récemment identifié des détails concernant le fossile de la main de l’Ardipithecus ramidus. Des détails qui nous permettent un peu plus d’expliquer le grand bond évolutionnaire qui a permis aux premiers hominiens à s’adapter pour utiliser ses mains et se tenir debout.

Ces recherches permettent ainsi de situer approximativement à quelle étape de la préhistoire nos ancêtres ont acquis les mouvements et les postures qui les ont différenciés des autres primates.

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Les preuves montrent donc que la perte de l’habileté à se servir du gros orteil pour saisir des objets s’est produit vers 4,4 à 3,3 millions d’années chez nos ancêtres. De même, les premières évidences d’utilisation d’outils manuels sont rattachées à cette période. Et il semble que la perte de la première capacité, le développement de la deuxième, et la faculté à marcher debout se sont produits au cours d’une même période.

Un grand bond dans l’évolution de l’homme révélé par ce fossile

Des paléoanthropologistes d’Afrique du Sud, des États-Unis, du Royaume-Uni et de la Norvège se sont unis pour étudier une main fossilisée d’Ardipithecus ramidus. Ce dernier a vécu il y a environ 4,4 millions d’années, dans la partie Est de l’Afrique.

La forme des os analysés a ainsi révélé les habitudes et l’utilisation des parties du corps chez l’A. ramidus. Pour faire la différence avec les mouvements dont les espèces anthropoïdes étaient capables, ces chercheurs ont comparé les ossements de main du fossile de l’Ardipithecus ramidus avec ceux d’autres anthropoïdes (chimpanzés, orang-outang, etc.).

D’après les analyses, le Dr. Thomas Cody Prang, chercheur au département d’anthropologie du Texas A&M University, confirme : « Nous avons mis en évidence un grand bond dans l’évolution à travers les types de mains représentés par Ardi (Ardipithecus ramidus) et toutes les autres mains d’hominiens, incluant ceux de l’espèce de Lucy ».

La capacité à manipuler des outils avec les mains et à marcher debout sont venues en même temps

Ainsi, les scientifiques ont pu établir que l’Ardipithecus ramidus utilisait beaucoup plus ses mains, en plus d’être capable de faire usage d’outils rudimentaires. Cela a été prouvé grâce aux traces de coupures faites avec des outils, remarqués sur d’autres fossiles contemporains.

Et puisque ses mains travaillaient sur autre chose, les jambes seules étaient rendues suffisantes pour se déplacer. L’hominien était désormais capable de se tenir debout. Ce qui fait écho à ce que Darwin avait suggéré en 1871, comme quoi « l’aptitude à l’utilisation des bras et des mains pour manipuler des objets a été acquise en même temps que celle à marcher debout ».

Cette découverte nous rapproche donc un peu plus de l’ancêtre commun à partir duquel les hommes et les chimpanzés ont pris leurs chemins respectifs.