Le génome d’un autre Néandertalien vient d’être séquencé, cette fois, il s’agit d’une femme

Une équipe de l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutive (Allemagne), comprenant le Dr Fabrizio Mafessoni, a réussi à séquencer avec précision le génome de Chagyrskaya 8, une Néandertalienne. Ce qui est un grand exploit. Mais c’est surtout un grand pas pour la compréhension de l’évolution humaine.

En effet, tandis que les Néandertaliens et les Denisoviens sont les cousins les plus proches de l’homme moderne, avant le séquençage du génome de Chagyrskaya 8, les génomes de seulement deux Néandertaliens (Vindija 33 et Altai Neanderthal) et d’un Denisovien (Denisova 3) ont été en mesure d’être séquencés en bonne et due forme.

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Publiés dans les Actes de l’Académie nationale des sciences, les travaux de Mafessoni et de son équipe ont permis de définir le sexe de Chagyrskaya 8, son âge, et même de démontrer que le striatum, une partie du cerveau profond, jouait un rôle majeur chez les Néandertaliens.

Les études effectuées sur le génome de cette femme préhistorique sont révélatrices

À titre d’information, les études ont été menées sur une phalange de Chagyrskaya 8, découverte en 2011 dans la grotte Chagyrskaya, à 100 kilomètres de la grotte Denisova, dans les montagnes de l’Altaï (Mongolie).

Grâce à leurs recherches, Mafessoni et son équipe ont pu déterminer que Chagyrskaya 8 était une femme et qu’elle a vécu sur Terre il y a 80 000 ans, soit 30 000 ans après Altai Neanderthal et 30 000 ans avant Vindija 33.

Elle faisait donc partie des Néandertaliens qui ont migré vers l’est entre il y a 180 000 et 80 000 ans, selon les chercheurs. Chagyrskaya 8 était tout de même plus proche des Néandertaliens de l’Ouest de l’Eurasie, tels que Vindija 33, que de ceux qui vivaient dans les montagnes de l’Altaï, tels qu’Altai Neanderthal.

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Le striatum était un élément très important pour la survie des Néandertaliens

En comparant le génome de Chagyrskaya 8 avec ceux de deux autres Néandertaliens, la variation du génome de Chagyrskaya 8 a permis aux chercheurs d’avancer que cette femme devait appartenir à un groupe d’hommes primitifs particulièrement isolé, avec moins de 60 individus.

Autre chose, les gènes exprimant le striatum, une structure nerveuse paire située à la base du cerveau, ont beaucoup changé chez les différents Néandertaliens.

Ce qui suggère que cette structure devait avoir évolué chez les différentes populations Néandertaliennes. Mais également, que cette structure était d’une importance capitale pour différents aspects de la cognition tels la prise de décision, la motivation ou la planification.

Elle était donc cruciale pour la survie des Néandertaliens, disent les chercheurs.

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