Le gouvernement brésilien pointé du doigt par les écologistes

La décision est tombée. Le mercredi 23 août 2017, un décret présidentiel a annoncé que la réserve Renca, créée en 1984 au Brésil, n’est plus considérée comme une réserve naturelle. Cette annonce a fait l’effet d’une bombe auprès des écologistes qui accusent actuellement le gouvernement brésilien de vendre la forêt amazonienne.

Renca est une zone d’environ quatre millions d’hectares recouverte de forêts entre les États du Para et Amapa (Nord). Cette ancienne réserve contient neuf aires protégées dotées d’une biodiversité extrêmement riche. Renca abrite également les territoires de certaines tribus indiennes à savoir les Wajapi, les Wayana et les Aparai.

Forêt

Ce décret a été pris pour ouvrir une exploitation minière dans cette zone où les gisements d’or, de fer, de cuivre et de manganèses coulent à flots.

Des exploitations minières pour « sauver » le Brésil

Le président conservateur Michel Temer se trouve dans la tourmente après avoir annoncé l’application de ce décret présidentiel. Les écologistes ainsi que des personnalités publiques ont crié au scandale suite à cette décision. La top model Gisèle Bundchen a même accusé Michel Temer de « brader l’Amazonie » sur son compte Twitter.

Pour se justifier, le président brésilien a souligné jeudi soir qu’aucune réserve environnementale n’a été affectée par ce décret. D’après lui, il s’agit plutôt d’une réorganisation d’une réserve minière qui évitera les dégradations causées par les activités minières clandestines. Dans son communiqué, Michel Temer a affirmé que ce décret favorisera un développement durable pour l’Amazonie.

Les écologistes alarmés

L’ouverture de cette exploitation minière avait pour objectif d’assurer l’expansion économique du Brésil. Toutefois, selon Ely Paiva, chercheur de la Fondation Getulio Vargas, cela aura aussi un fort impact socio-environnemental.

Le décret en lui-même se veut rassurant. En effet, il stipule que le changement de statut de la réserve Renca ne remet pas en cause l’application de la loi concernant la protection de la flore et des territoires autochtones. Une déclaration qui ne convainc pas les militants.

Le sénateur du parti de gauche Rede, Randolf Rodrigues, se dit lui aussi indigné et a promis de faire annuler le décret en présentant cette affaire devant les tribunaux. Les bras de fer s’annoncent ainsi tendus.

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