Covid-19 : le gouverneur de New York veut que Pfizer lui vende directement les doses de vaccins dont il a besoin

Les approvisionnements faibles face à une demande de vaccins anti-COVID-19 élevée ont apparemment poussé Andrew Cuomo, l’actuel gouverneur de New York à aller directement à la source. Afin d’accélérer le processus de vaccination qui languit ces dernières semaines, Cuomo a en effet récemment demandé à Pfizer de vendre directement à l’État de New York les doses de vaccin dont il a besoin.

Pour la précision, cette demande est considérée comme un acte contournant le gouvernement fédéral américain, car elle obligerait Pfizer à contourner les directives de l’opération fédérale « Warp Speed » visant à produire et à distribuer environ 300 millions de doses aux Américains.

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Pour appuyer sa requête, Cuomo a déclaré dans une lettre adressée à Albert Bourla, le PDG de Pfizer dont le siège est à New York, que contrairement à Moderna, Pfizer est une entreprise privée, et est libre de tout engagement avec le gouvernement fédéral.

Il a également assuré que l’administration de toute dose obtenue directement de Pfizer sera conforme aux directives rigoureuses établies par l’État, tout en permettant de combler le déficit de doses créé par l’administration fédérale sortante. Une opération visant à atteindre l’objectif de vacciner 70 à 90 % des New-yorkais pour atteindre plus rapidement l’immunité collective.

Prêt à sortir son chéquier pour obtenir les doses de vaccins Pfizer

Au tout début de la pandémie et jusqu’à présent, New York est l’un des États américains les plus touchés par la maladie. New York a en effet enregistré depuis plus de 1,24 million de cas confirmés de COVID et près de 41 000 décès jusqu’à présent.

D’après Cuomo, cet hiver, les hospitalisations et les décès étaient en nette augmentation à travers l’État, mettant ses citoyens dans une position dans laquelle ils perdraient si le nombre de doses destinées aux New-Yorkais, qui cette semaine n’était que de 250 000, n’augmentait pas considérablement.

Le gouverneur a également critiqué le CDC pour leur changement d’orientation qui a ouvert les conditions d’éligibilité à 7 millions de New-Yorkais tout en réduisant l’attribution hebdomadaire de vaccins. Pas mal de New-Yorkais n’ont donc pas pu se faire vacciner et les centres de vaccination des États et des villes étaient débordés et frustrés.

Une requête qui nécessite une approbation du HHS

Ce chaos public a poussé Cuomo à agir et sortir son chéquier pour tenter d’acheter des fournitures directement auprès de Pfizer.

Comme Pfizer est disposée à collaborer avec le HHS sur un modèle de distribution permettant au plus grand nombre d’Américains possible d’avoir accès à son vaccin le plus rapidement possible, il n’a pas refusé la demande de Cuomo. Mais il a toutefois souligné qu’il ne serait pas en mesure de vendre son vaccin directement à des États américains individuels sans avoir obtenu l’aval du HHS qui a déjà ses plans pour la fourniture de ces précieuses doses de vaccins à tous les États.

Ceci étant, certains voient dans la manœuvre de Cuomo une intention strictement politique destinée à se faire bien voir de ses concitoyens. D’autant en cette période délicate avec la transition entre l’administration fédérale sortante et l’arrivée de Biden récemment élu au pouvoir.