Le Japon donne son feu vert pour la création d’organismes hybrides homme-animal

Longtemps considérées comme allant à l’encontre de la nature et d’une certaine éthique, les expérimentations scientifiques visant à créer des organismes hybrides homme-animal ont toujours été drastiquement encadrées.

Aussi, les chercheurs qui travaillaient sur de telles manipulations ont été obligés de mettre fin à leurs expériences, arrivés à un certain point. Le Japon semble toutefois vouloir dépasser ce cap en donnant son aval à la création de rongeurs dotés de cellules humaines, en l’occurrence des rats ou des souris.

Crédits Pixabay

C’est une première dans le cadre de la recherche scientifique japonaise, et même internationale, car ces embryons de rongeurs accueilleront des pancréas humains, et le développement embryonnaire sera conduit à son terme pour donner des organismes vivants.

L’aboutissement de 10 ans de travaux préparatoires

Selon Hiromitsu Nakauchi, le scientifique qui est à la tête de ce programme de recherche, la décision rendue par le gouvernement donne corps à une dizaine d’années de préparations. Son équipe pourra ainsi entamer une nouvelle phase dans ce domaine.

En effet, les expérimentations scientifiques de ce genre ont longtemps fait face à de nombreux blocages compte tenu de la nature même des expériences réalisées.

Ainsi, même si des cellules souches d’organes humains ont été greffées sur des embryons d’animaux (comme des moutons ou des porcs), le développement des embryons en question a dû être arrêté après quelques semaines.

Ce sera donc la première fois que le développement d’organismes hybrides sera mené à terme afin d’obtenir des rongeurs viables.

De nouvelles sources pour les transplantations d’organes

L’équipe japonaise travaille pour le moment sur des cellules souches de pancréas humain qui vont être implantées dans des embryons de rongeurs traités spécifiquement pour ne pas développer leurs propres pancréas.

Si les expériences réussissent, le développement d’autres organes essentiels pourrait également être étudié sur le même principe.

Malgré tout, dans le cadre de telles expériences, la question de la migration des cellules implantées vers le cerveau des animaux est un point essentiel sur lequel les avis divergent. Raison pour laquelle certains scientifiques pensent que de telles manipulations ne devraient pas avoir lieu.

Les considérations éthiques et les risques mis à part, les chercheurs pensent que le développement d’organismes animaux munis d’organes humains pourrait bien ouvrir la voie à l’étude sur de nouvelles sources d’organes pouvant ultérieurement être transplantés sur des sujets humains qui en ont besoin.

Mots-clés génétique