Le Japon va proposer une aide pour les travailleuses du sexe

Partout dans le monde, la situation est presque la même en ce qui concerne les travailleuses du sexe. Avec le confinement dû à la propagation du virus Covid-19, cette branche de la population se retrouve en difficulté financière faute de clients, et surtout faute de pouvoir sortir pour exercer.

Dans un précédent article, on avait parlé de la situation des travailleuses du sexe en France et de la Fédération Parapluie Rouge qui a adressé une lettre au Chef de l’Etat pour lui demander de créer un fonds d’urgence pour les soutenir. Au Japon, la situation de ces travailleuses est similaire, sauf que l’État a d’ores et déjà annoncé qu’elles pourront recevoir une aide du gouvernement, sous certaines conditions.

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D’après les informations provenant du Johns Hopkins University, le Japon compte actuellement plus de 10 800 cas d’infections au Covid-19 et plus de 235 décès causés par le virus. Le gouvernement a ainsi décidé de débloquer près de 989 milliards de dollars pour soutenir la population, incluant les travailleuses du sexe.

Presque oubliées

Selon Havocscope, la branche légale de l’industrie du sexe au Japon rapporte environ 24 milliards de dollars par an. Pourtant, au moment de mettre sur pied le programme de soutien financier à la population, le gouvernement japonais n’a pas inclus ceux qui travaillaient légalement dans l’industrie du sexe. Face à cette situation, les activistes et les membres de l’opposition n’ont pas manqué de critiquer l’administration en dénonçant une discrimination professionnelle.

L’État a ainsi fini par proposer un nouveau plan incluant ceux qui travaillaient de façon légale dans le milieu du sexe. Ainsi, selon le nouveau programme, les agences et les employés de l’industrie du sexe pourront recevoir des subventions s’ils doivent rester à la maison pour s’occuper de leurs enfants. De l’argent est aussi proposé aux travailleuses du sexe qui ne peuvent pas travailler à cause du virus.

Beaucoup de complications

Avec cette décision de l’État concernant l’aide aux travailleuses du sexe, une vague de protestation a vu le jour dans le pays, surtout de la part de la partie de la population la plus conservative. Certaines célébrités dénoncent même le fait d’utiliser l’argent des contribuables pour soutenir les travailleuses du sexe. Un débat intense a ainsi commencé sur les réseaux sociaux avec les activistes qui dénoncent la façon de penser des conservateurs.

Du côté des travailleuses du sexe, beaucoup pensent que les conditions établies par le gouvernement pour avoir droit à l’aide sont plutôt déroutantes et difficiles à suivre. Ainsi, certaines ne savent pas encore si elles pourront en bénéficier ou pas. De plus, il y a un autre obstacle puisqu’il faut avoir une preuve montrant le montant de ses revenus ou montrant que l’on a effectivement perdu de l’argent. Les travailleuses du sexe étant en général payées au noir, il y a peu de chance qu’elles disposent de tels documents. Il y a aussi celles qui n’osent pas parler ouvertement de leur activité et ne déclarent donc pas leurs revenus au niveau du fisc.

Ainsi, les travailleuses du sexe au Japon devront encore faire face à certains obstacles avant de pouvoir bénéficier de l’aide de l’État. En tout cas, ce dernier est encore en train de finaliser le plan d’aide et peut-être que les responsables penseront à considérer les différents points encore obscurs du programme.